Athènes hellénistique: Histoire de la cité d’Alexandre le Grand à Marc Antoine PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Gaulois blessé de Délos, thème apparu dans la statuaire grecque à la suite de la victoire d’Attale Athènes hellénistique: Histoire de la cité d’Alexandre le Grand à Marc Antoine PDF de Pergame sur les Gaulois v.


Jusqu’en 1995, date de parution de l’édition allemande du présent livre, la seule synthèse consacrée à l’histoire d’Athènes entre la bataille de Chéronée et celle d’Actium (338 et 31 avant J.-C.) demeurait l’ouvrage presque centenaire de W. S. Ferguson, Hellenistic Athens (1911). Or, dans l’intervalle, de très nombreuses inscriptions, provenant notamment des fouilles américaines de l’Agora, avaient considérablement enrichi notre documentation, sans parler de maintes études novatrices sur des sujets aussi importants que la libération d’Athènes en 287, la guerre de Chrémonidès, le monnayage dit du Nouveau Style, ou encore la Délos athénienne, avec son épigraphie foisonnante.

À cette intense recherche Christian Habicht a pris, depuis un quart de siècle, une part essentielle, préparant ainsi la voie à l’actuelle synthèse. De celle-ci se dégage l’image inattendue d’une Athènes vivante et active, qui, en dépit des changements survenus dans le monde grec depuis la conquête d’Alexandre, conserve un rôle majeur sur le plan politique vis-à-vis des rois comme aussi, plus tard, des Romains. Athènes reste par ailleurs, comme le montre l’auteur, un centre de la vie culturelle, notamment dans le domaine du théâtre et de la philosophie, tout en conservant une place enviable, jusqu’à la prise de la ville par Sylla en 86, dans la production des arts plastiques.

Après avoir enseigné à l’Université de Heidelberg, Christian Habicht a été longtemps membre de l’Institute for Advanced Study de Princeton, où il continue à mener ses recherches en tant que professeur émérite. L’édition américaine du présent ouvrage (1997) a été distinguée par le London Hellenic Society’s Criticos Prize, et la nouvelle édition française a bénéficié des corrections de l’auteur ainsi que de l’apport des documents et des travaux les plus récemment édités.

Traduit par Martine et Denis Knoepfler.

Antiquité qui suit la conquête d’une partie du monde méditerranéen et de l’Asie par Alexandre le Grand en -323, jusqu’à la période romaine, en -30. Articles détaillés : Alexandre le Grand et Bilan du règne d’Alexandre le Grand. Les trois années suivantes, jusqu’en 327, sont consacrées à la lente et difficile conquête des satrapies de l’Asie centrale, puis jusqu’en 325 à assurer la domination macédonienne sur le nord-ouest de l’Inde. Il essaie ainsi de créer une monarchie assumant à la fois l’héritage macédonien et grec d’une part mais aussi l’héritage perse et, d’une façon plus générale, asiatique. Ce sont autant de creusets dans lesquels se fondent les cultures asiatiques avec celle héritée d’Athènes ou de Corinthe, donnant naissance à la civilisation hellénistique. Articles détaillés : Guerres des diadoques et Empire Maurya.

Alexandre le Grand ne laisse pas de réels successeurs capables de régner, et surtout de s’imposer à ses principaux officiers, les diadoques, qui se déchirent pendant 40 ans. On peut considérer Ptolémée Ier, l’un des compagnons d’enfance d’Alexandre, comme étant le souverain le plus lucide. Il s’empare rapidement de l’Égypte et s’attache à y créer un État durable, renonçant ainsi à récréer l’empire à son profit. Cela fait sans doute de lui l’un des fossoyeurs de l’idée impériale voulue par Alexandre, mais aussi l’un des fondateurs du monde hellénistique. Les royaumes des diadoques en 301 av. 270, ou encore ceux du Pont et de Bithynie. Il existe également des confédérations de cités qui s’opposent, parfois avec succès, aux entreprises des royaumes hellénistiques.

Les deux plus importantes sont sans doute la Ligue achéenne et la Ligue étolienne, qui jouent un rôle notable jusqu’à la conquête romaine. De même les rivalités sont fortes entre Séleucides et Attalides en Asie mineure, tout comme entre Rhodes, le royaume de Pergame, et les Antigonides de Macédoine pour le contrôle des détroits. La Macédoine dispute de la même façon le contrôle des cités grecques aux ligues achéennes et étoliennes. Sellasie en 222 sur Sparte, réaffirme la domination macédonienne sur une large partie de la Grèce continentale. Carte de la Macédoine et du monde égéen vers 200 av. Cependant, cette pénétration romaine dans l’Orient hellénistique ne va pas sans résistance et il ne faut pas moins de trois guerres aux Romains pour abattre le roi du Pont, Mithridate VI, qui meurt en 63. Pompée réorganise alors l’Orient sous l’ordre romain.

Le déclin somme toute relativement rapide de ces royaumes amène à s’interroger sur la fragilité apparente et la nature des monarchies hellénistiques ainsi que sur la permanence de l’autre grande structure politique héritée du monde grec, la cité. Par conséquent la victoire militaire est le plus souvent l’acte qui légitime l’accession au trône et qui permet de régner sur une province ou un état. Le roi a trois fonctions : commander l’armée, rendre la justice et honorer les dieux. Cette monarchie personnelle ne possède pas de règles de succession précises, d’où les querelles incessantes et les assassinats nombreux lorsqu’il y a plusieurs héritiers, ni de lois fondamentales, ni de textes réglementant les pouvoirs du souverain. Tout procède du roi et en particulier les lois. Ce caractère absolu et personnel est à la fois la force et la faiblesse de ces monarchies hellénistiques en fonction du caractère et de la personnalité du souverain.

Mais ces souverains gouvernent aussi des populations d’origine grecque et macédonienne auprès desquelles ils doivent montrer l’image d’un roi justicier, assurant la paix et qui se comporte en bienfaiteur. C’est la notion d’évergétisme, qui fait du monarque hellénistique le bienfaiteur de ses sujets. Cela permet de renforcer la cohésion du royaume autour de la dynastie. La fragilité du pouvoir des souverains hellénistiques oblige ceux-ci à une incessante activité. Il est d’abord nécessaire de vaincre militairement ses adversaires et cette période est constituée d’une suite de conflits entre souverains ou contre des adversaires extérieurs : Parthes, Romains, etc.

Les royaumes hellénistiques sont ainsi tout d’abord de gigantesques structures d’exploitation fiscale et se posent donc en héritiers directs de l’empire achéménide. Certes l’apomoira bénéficie toujours au clergé mais il arrive, dans les successeurs de Ptolémée II, que confrontés à des difficultés financières ceux-ci détournent le produit de l’impôt. Si les gens savaient quelle corvée ce peut être d’écrire seulement et de lire tant de lettres, on ne voudrait pas ramasser un diadème même s’il traînait par terre. Plutarque, Moralia,  Si la politique est l’affaire des vieillards , 11.

Autour de ces souverains gravite une cour où le rôle des favoris du monarque devient rapidement prépondérant. Ces rois disposent donc d’un pouvoir absolu mais sont soumis à de multiples contraintes, s’attacher leur entourage, vaincre leurs ennemis, prouver leur nature royale par leurs comportements, légitimer leur fonction par une divinisation de leur personne. De la comparaison avec la période classique de la Grèce, il est fréquent de conclure au déclin de la cité lors de la période hellénistique. Il est sans doute plus prudent de rester nuancé.

Un certain nombre de cités s’organisent en puissantes fédérations, surtout en Grèce, comme la Ligue achéenne ou la Ligue étolienne. En réalité, le nombre de cités a plus que probablement considérablement augmenté durant cette période. Les monarques hellénistiques fondent plusieurs dizaines de villes dans leurs royaumes, à commencer par leurs capitales : Alexandrie, Antioche, Séleucie ou encore Pergame. L’objectif premier n’est pas l’hellénisation, qui est plutôt une conséquence du phénomène d’extension urbaine, mais bien un objectif militaire et stratégique : installer une garnison afin de contrôler un territoire, une route commerciale. Doura Europos ou de Zeugma-Séleucie sur l’Euphrate. Quelques fondations sont d’ailleurs des échecs et les cités abandonnées, telle Apamée de l’Euphrate. Dans ces cités, le modèle civique connaît une vitalité toujours aussi affirmée.