Balzac, une rhétorique en fleurs PDF

Mais si vous m’interrompez, lecteur, et si je balzac, une rhétorique en fleurs PDF’interromps moi-même à tout coup, que deviendront les amours de Jacques ? Non, non, l’histoire du poète de Pondichéry.


Tout serait tellement plus simple si Balzac pouvait être enfermé dans des territoires fussent-ils variés, dans des définitions fussent-elles contradictoires. Il ne serait pas nécessaire alors de le chercher dans son maillon qui paraît le plus faible, celui qui entraîne les considérations les plus affligées, jadis et aujourd’hui encore, son style ou plutôt ses styles.
Si l’on accepte le temps d’un doute et la durée d’une observation, si l’on approche au plus près le lieu où les rhétoriques se figent et se brisent qui est aussi le lieu même de leur absence, on découvrira qu’est renvoyée dans la langue si étrange diffraction de couleurs qu’il semble qu’elles aient traversé les parcelles d’un merveilleux vitrail. Pluralité, éclatements, éclaboussements. Une grenade soudain dans la littérature. Ou bien un bouquet, un de ceux si magnifiques et improbables que composait Félix de Vandenesse qui se confond avec ceux de Balzac en l’infinité de ses incarnations, en même temps manifeste de son art poétique.

José-Laure Durrande, docteur es lettres, maître de conférences a publié La Cérémonie paternelle (Seuil), Haïe ou Le Jeu de Voie (Babel), Claude Louis-Combet L’Oeuvre de chair (Presses Universitaires du Septentrion)

La digression est cependant une technique narrative éprouvée. Elle permet de dilater le récit, de ménager des pauses, de divertir ou d’ironiser, ou, enfin, d’insérer un commentaire de l’auteur. On pardonne les digressions quand elles sont courtes et à propos. La digression est souvent introduite dans le texte principal par deux moyens. EX :  Mais ainsi que l’a dit, je crois, Robespierre, dans son style de glace ardente, recuit et congelé comme l’abstraction :  l’homme ne voit jamais l’homme sans plaisir! Deux types de digressions existent : la  digression rhétorique  d’une part et la  digression narrative  d’autre part. Quintilien déconseille par conséquent la digression trop longue, susceptible d’ennuyer l’auditoire et de lui faire oublier le sujet du discours.

Il peut aussi s’agir d’exposer des faits ou des événements tragiques dans un contexte religieux, ce qui en atténue les effets, comme dans les Oraisons funèbres de Bossuet. Elle peut concerner des épisodes entiers, interpolés dans le cours du récit. Dès l’Antiquité, la digression permet de créer un effet de suspense. La longueur de la digression conditionne l’existence de la figure mais tout écart par rapport au propos initial n’est pas forcément une narration digressive. Gérard Genette, souvent confondue avec la digression alors qu’elle ne modifie, contrairement à cette dernière, que le cadre spatio-temporel du discours. Cependant, la digression écarte encore plus le lecteur du sujet initial que ne le fait la description. Métamorphoses d’Ovide représente un véritable art poétique des deux types de narration.

Dans son sens stylistique, la parenthèse est une courte digression destinée à faire dévier légèrement un propos de son sujet initial, tout en restant bref et sans perdre de vue ce dernier. Elle est en effet signalée par des tirets ou des parenthèses typographiques. La digression exagérée est l’objet de mépris depuis la rhétorique antique. Le célèbre voyage d’Alcofribas dans la bouche de Pantagruel .