C’est de la drogue ! Produits psychoactifs et dépendance PDF

La vulnérabilité des jeunes aux addictions. Entretien avec Stéphanie Bouchenot, médecin addictologue. La tentation des « paradis artificiels » et du c’est de la drogue ! Produits psychoactifs et dépendance PDF virtuel à l’adolescence. Tout le monde y passe, par cette période d’adolescence !


Quand on entend parler de drogue, on est souvent inquiet. Et surtout, on peut avoir envie de poser plein de questions Qu’est-ce que c’est ? À quoi ça sert ? Pourquoi dit-on que c’est dangereux ? Et quand on fume et que l’on boit, est-ce aussi mauvais ? Qu’est-ce qui est interdit ?
Autant de pistes pour comprendre la complexité de ce que
l’on nomme drogue, mais surtout pour réfléchir aux mécanismes de la dépendance.
Pour y réfléchir, des textes concis, des exemples et des anecdotes, des extraits de livres, des informations sur l’évolution des lois.
Et un carnet d’adresses.

Et c’est pas forcément facile de grandir ! A partir de quand ce comportement devient-il inquiétant ? Réponses par le dr Stéphanie Bouchenot. Les Paradis artificiels, le goût de l’Infini. PLB : Brièvement, votre situation ? PLB : « Un p’tit joint ?

La récurrence et la banalité de cette proposition soumise à nos chères têtes blondes doit-elle nous alerter davantage que de partager une coupe de champagne lors d’une fête familiale, ou fermer les yeux devant 1 à 3 cigarettes par jour ? SB : Cette question, les parents doivent se la poser. Les adultes peuvent déjà faire le point sur leur propre rapport au produit pour mieux envisager le rapport que le jeune entretient avec une substance. C’est un  terrain  différent d’un adulte déjà  fini  ! Les conséquences des consommations de produit psychotrope sont plus importantes chez un adolescent, en pleine  formation . La question pose aussi le problème du rapport au produit : simple expérience, usage chronique, usage abusif voir dépendance. PLB : Sommes nous tous égaux, biologiquement, devant le risque de dépendance ?

SB : La réponse est simple : Non, nous ne sommes pas égaux. Regardez, certains fumeurs s’arrêtent sans problème tandis que d’autres n’y arrivent pas. Non, de nombreuses études suggèrent l’implication du gène codant le récepteur D2 dans le système de récompense et la vulnérabilité aux addictions. Un terrain génétique intervient donc pour une part. PLB : Est-on prédisposé à certaines addictions plutôt qu’à d’autres ?

SB : Je ne sais pas. Mais dans mon expérience je peux noter que chaque personne va trouver le produit qui le soulage, et qu’il sera  accro  à celui là. Je rencontre un certain nombre de personnes qui ont touché à beaucoup de types de produit, et qui s’arrêtent sur un, comme si c’était la pièce du puzzle qui manquait pour aller bien. Hélas, cela va être la solution pour un temps, puis la substance prenant  le pouvoir  sur la personne, cela ne sera plus la bonne solution. PLB : Une expérimentation peut-elle être sans danger ? SB : On peut dire oui, mais on ne peut pas prédire à quelle substance on sera addict.

Bon, sans dramatiser, mais il faut en être conscient. Il ne faut pas oublier que l’expérimentation peut être néfaste. Le cannabis peut entrainer des bouffées délirantes, et sur un terrain prédisposé, précipiter le jeune dans une maladie schizophrénique. PLB : Les adolescents sont-ils particulièrement vulnérables face à l’addiction ? SB :  Oui, cette période de la vie, est une  période de grands bouleversements. Les nombreux remaniements pubertaires vont modifier les relations de l’adolescent avec les autres, et avec lui-même.

Une addiction est un comportement qui met en jeu une personne avec sa génétique, son psychisme, dans un environnement particulier, avec un produit particulier. Ces trois éléments interviennent dans la mise en place d’une addiction, et devront être pris en compte pour l’accompagnement. Pour les ados, l’environnement prime : l’attachement au groupe de copains est important dans l’expérimentation. Egalement dans la poursuite de ce comportement, si c’est la façon de vivre du groupe. Le schéma résume bien ces liens. Quels sont les risques de dépendance ou d’addiction face aux nouvelles technologies ? PLB : Stéphanie, le terme addiction s’est maintenant généralisé.