Changer d’économie – Nos propositions pour 2012 PDF

On a tous eu un professeur qui émerge dans nos souvenirs au milieu d’un océan d’heures d’ennui en classe. Un ou une qui vous a fait d’un coup changer d’économie – Nos propositions pour 2012 PDF intéresser à l’histoire ou aux maths simplement parce qu’on savait vous parler et vous amener à vous surpasser dans une matière où vous vous sentiez nul.


Après la critique et la déconstruction, voici le programme des atterrés. Un livre de propositions divisé en grands thèmes : Fiscalité, Dettes, Politique sociale, Politique industrielle, Chômage, Gouvernance des entreprises, Réforme du système financier, Retraites, Régulation du marché, Rôle de l’Etat…
Parmi les économistes de premier plan qui participeront à cet ouvrage : Philippe Askénazy, André Orléan, Henri Sterdyniak, Benjamin Coriat, Frédéric Lordon, Thomas Coutrot…
Un livre qui rompt avec l’idéologie dominante et donne les moyens de sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons. Un livre essentiel pour que chaque citoyen devienne acteur du débat public.

Ce jeudi 23 mai, la classe est lancée dans les révisions. Au programme, un cours sur la justice sociale. Ils sont trente assis dans une petite salle. Avec ses grands, ses petits, ses noirs de peau ou basanés, ses filles et garçons aux vies compliquées souvent, la terminale 2 est une classe typique de cette ville populaire. Durant une heure, les élèves vont à tour de rôle lire à haute voix leurs notes pour structurer leur fiches.

A l’exception d’une jolie métisse prise par une irrépressible envie de dormir. L’après midi a déjà été éprouvante avec son épreuve de bac blanc d’espagnol et le cours d’EPS. Jérémie Fontanieu se démène comme un beau diable et soudain s’exclame quand un élève qui n’intervient jamais répond à une question :  ça fait plaisir! Tout d’un coup, on se dit qu’on aurait rêvé d’assister à un cours comme celui-là.

Ces élèves aux niveaux disparates, le jeune prof, ancien de Sciences-Po, les a découvert en septembre, peu motivés et pas du tout travailleurs. Ayant lu tout Pierre Bourdieu et Bernard Lahire, il savait la reproduction sociale de l’école, le plafond de verre pour ces enfants de banlieue et le déterminisme fataliste des enseignants. Je voulais changer cette fatalité , dit-il d’un ton péremptoire. Dés la rentrée, ces derniers sont invités avec empressement à assister à une réunion. Tous les lundis matin, un QCM vient vérifier la leçon apprise ou pas. Ils sont corrigés dans les deux heures et notés sévèrement. Les notes ont suivi la courbe des efforts.

La classe a progressé, les plus faibles comme les meilleurs. Jérémie Fontanieu ne donne jamais de devoirs écrits pour ne pas accroître les inégalités entre ceux qui ont des parents qui peuvent les aider et les autres. Laura et Randa ont été repêchées en fin de première. Depuis le début de l’année, elles ont décollé. En voyant les résultats, on a vu qu’on n’était pas bête. On a fini par croire aussi en nous , explique la première, petite blonde menue. Quand ils travaillent ces élèves peuvent déchirer, feint-il de répondre.