Cité des Anges et des Amours perdues PDF

Celui-ci en rédigea le premier livre en 413 et termina le dernier livre de cette œuvre en 426. Bien que La Cité de Dieu soit autre chose qu’un écrit de circonstance, elle semble avoir été commencée pour répondre aux questions urgentes en rapport aux polémiques suscitées par le sac de Rome en 410. Il fallait donner cité des Anges et des Amours perdues PDF sens à l’histoire pour la rendre supportable et répondre au choc collectif qu’avait provoqué cet événement.


Le cimetière de Gênes-Staglieno est sans doute le plus beau cimetière du monde. Ici plus quailleurs, le tombeau, ultime étape du rite de passage dans lau-delà, humblement anonyme ou somptueusement élaboré par un sculpteur, nous donne des indications sur létat des mentalités et sur lart dune époque ; il nous transmet aussi des émotions qui franchissent les barrières du temps, gravées dans la pierre, le bronze, le marbre… Les moyens modernes de la photo numérique permettent aujourdhui de fixer, de réinterpréter lémotion dégagée par ce lieu, pour nous la rendre encore plus proche. Il ny a nulle volonté de profaner le silence de la mort.

La Cité de Dieu est l’œuvre la plus développée d’Augustin. Les écrits antérieurs montrent qu’il en avait longtemps mûri le projet. En 404, il formule pour la première fois la thèse des deux cités fondées sur deux amours et mêlées jusqu’au jugement final dans deux écrits contemporains que sont La catéchèse des débutants et le Commentaire sur la Genèse. Du traumatisme qu’aurait provoqué cet événement sur Augustin, il n’est nulle part question dans La Cité de Dieu. Ce sont les polémiques qui ont suivi ce sac qui le préoccupaient et non le sort de Rome ou de l’Empire. Le sac de Rome en 410 n’a fait que confirmer l’orientation anti-eusébienne de la pensée d’Augustin. La thèse qu’il défend est que le règne de Dieu n’est pas un règne terrestre.

Dans ce contexte de désarroi par rapport à l’institution politico-religieuse romaine, Augustin ne fait rien pour conforter les ruines du prestige de Rome, il cherche plutôt à catalyser la désaffection pour la religion romaine encore liée à cette institution, et à rassurer les chrétiens qui voyaient dans la splendeur de Rome un effet de la providence divine. Mais avec ses vingt-deux livres dont la rédaction s’est étalée sur treize années, La Cité de Dieu se résume difficilement à une seule intention. Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité de la Terre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité de Dieu. L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur. L’une demande sa gloire aux hommes, l’autre met sa gloire la plus chère en Dieu, témoin de sa conscience. Tu es ma gloire et c’est toi qui élèves ma tête.

Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV,28,1. Ce que désigne Augustin en parlant de cité terrestre est sans doute le monde tel qu’il va, avec ses institutions, son histoire, ses gouvernants, ses bonheurs et ses malheurs. Cette cité terrestre est bâtie sur l’amour de soi comme idolâtrie. Ce n’est donc pas seulement une cité comme une ville, un empire ou un mode de gouvernement, mais c’est aussi une disposition intérieure. La cité céleste ou cité de Dieu est plus difficile à saisir.

Le thème de la cité de Dieu constitue dans l’œuvre d’Augustin une métaphore littéraire au sens inépuisable qui, si elle renvoie à l’idée de citoyenneté fondamentale dans la religion civile des Romains, échappe cependant à toute tentative de compréhension exhaustive. La cité de Dieu est présente sur la terre mais elle y est en exil. Toutefois, la cité terrestre aspire à la paix et elle est effectivement capable de l’atteindre par ses lois, par ses institutions ainsi que par une sagesse qui y est présente. La cité céleste est autonome par rapport à la cité terrestre mais elle n’y est pas indifférente. Les deux cités luttent entre elles, mais elles sont appelées à vivre dans la concorde. Ainsi, chacune des affirmations d’Augustin sur le rapport entre les deux cités trouve dans le même passage ou quelques pages plus loin un équilibre.