Du Sahara aux Cévennes : Itinéraire d’un homme au service de la Terre-Mère PDF

Les frères de Du Sahara aux Cévennes : Itinéraire d’un homme au service de la Terre-Mère PDF Rabhi vivent à Béchar et Kenadsa. Sud Oranais dans son village natal. Plus tard, selon les déclarations de Pierre Rabhi, son père biologique aurait été contraint de fermer son atelier et de travailler à la mine.


Pierre Rabhi est un homme en marche. Vers plus de solidarité, plus de fraternité. Vers ce point d’équilibre où l’humanité et le cosmos, les peuples du Nord et ceux du Sud, les sociétés qui meurent de leur gaspillage et celles qui s’éteignent dans la misère, devraient retrouver l’harmonie.
Déchiré, dans son enfance algérienne, entre une origine musulmane et une éducation à l’occidentale, il fut le témoin de ces populations écartelées entre leurs traditions séculaires et la modernité. Travailleur immigré confronté au racisme et à l’absurdité de l’univers urbain, il parvint en compagnie de sa femme à exploiter une petite ferme cévenole, réalisant ainsi son rêve de retour à la terre. Fort de cette réussite, il chercha dès lors à transmettre son savoir-faire agronomique et lança en France, en Afrique noire et au Maghreb, de nombreuses initiatives visant à fertiliser les terres arides, à promouvoir une réconciliation entre les hommes et la Terre-Mère, et à inaugurer une autre éthique dans les échanges internationaux.
Ce pionnier d’une révolution écologique tranquille s’adresse aussi bien aux hommes en lutte contre la désertification de leurs terres qu’à ceux qui découvrent la désertification de leur âme.

Confié à un couple de métropolitains, le jeune Rabah quitte Kenadsa pour Oran avec sa famille d’adoption. Il y suit deux années d’études secondaires. Oran, Rabhi se convertit au christianisme. Il demande à être baptisé et adopte son prénom de baptême : Pierre. Mais je ne me sens appartenir à aucune église pour autant. Tous deux nourrissent le rêve de s’extraire de leur vie urbaine et pensent à l’agriculture.

Ils décident de se rendre en Ardèche pour s’y installer définitivement en 1960, précédant le mouvement néorural de la fin des années 1960. Rabhi indique à propos de ses relations avec Thibon :  Le portrait qu’en trace M. Les échanges que nous avions portaient essentiellement sur la spiritualité. Nous avions trente-cinq ans d’écart et j’étais impressionné par son immense culture, ses dons linguistiques ou sa mémoire. Après trois ans comme ouvrier agricole, en 1963 il devient lui-même paysan dans les Cévennes ardéchoises. Après des débuts difficiles, le couple acquiert assez d’expérience pour accueillir et conseiller à partir de mai 1968 d’autres néo-ruraux.

Quinze années leur seront nécessaires pour parvenir à vivre de leur ferme. Pierre Rabhi témoigne en 2015 :  Il y a plus de cinquante ans, ma femme et moi avons choisi notre lieu de vie, Montchamp, précisément pour son harmonie. Sandrine Bélier, Allain Bougrain-Dubourg, Cécile Duflot et Pierre Rabhi aux Journées d’été des Verts à Nîmes en 2009. En 1992, il lance le programme de réhabilitation de l’oasis de Chenini-Gabès en Tunisie. Depuis 1994, il anime le mouvement Oasis en tous lieux, promouvant le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social. Elle a pour objet la promotion et la transmission de l’agroécologie. En 2003, il rencontre Michel Valentin avec qui il crée en 2004 Les Amanins sur la commune de La Roche-sur-Grane, dans la Drôme.