Elemens de Pharmacie Theorique Et Pratique, Volume 2 PDF

L’Elemens de Pharmacie Theorique Et Pratique, Volume 2 PDF de mélisse des Carmes Boyer est une préparation alcoolisée à base de mélisse, une eau distillée, par abréviation  eau de mélisse . L’Eau de mélisse des Carmes Boyer est, avec une marque protégée puis déposée, une recette et un flaconnage pratiquement inchangé depuis 1611, le premier exemple au monde de  produit  au sens moderne, marketing, du terme. Elle est vendue principalement en pharmacie. 500 000 bouteilles par an pour un chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros.


Elle se diversifie actuellement dans les tisanes. Elle s’est vu décerner en 2015 le label d’État Entreprise du patrimoine vivant. Mélisse du Mont Carmel, Israël, en fleur. Dioscoride et Pline l’Ancien recommandaient déjà la plante sous forme d’extrait aqueux ou d’oenolé contre les piqûres d’insectes, les troubles menstruels, les douleurs abdominales et maladies rhumatismales. C’est un cordial, c’est-à-dire une potion qui stimule le fonctionnement du cœur, et un tonique utilisé entre autres contre les migraines et toute sorte de petits maux quotidiens. Hildegarde de Bingen, la mélisse est chaude. En 1555 Nicoló Massa la prescrite pour soigner les fièvres pestilentielles, en 1576 Guillaume Rondelet pour la léthargie.

Publicité pour l’eau de Mélisse des Carmes avec les portraits de St Jean de la Croix et Ste Thérèse de Jésus. Chaque couvent, chaque ordre religieux, avait à l’époque, son eau, ou son élixir, dont la recette était tenue secrète, tel celui de la Chartreuse, ou encore cette eau des Carmes. Un parchemin, rédigé par frère Joachim de St Jacques en 1715, carme du Couvent de la Place Maubert, comprend la véritable recette de l’eau de mélisse : cette recette était tenue secrète, seulement transmissible à un frère carme ou à un religieux, sous promesse. Le parchemin proviendrait de l’Orient, Liban ou Terre Sainte. Cette recette fut exploitée par les Grands Carmes du Couvent de la place Maubert, qui vendaient l’eau de mélisse à la porterie puis par les carmes de la rue de Vaugirard.

Nulle part, dans les écrivains qui ont eu occasion de parler de l’Eau des Carmes avant 1790, on ne trouve que le couvent de la rue de Vaugirard eût le monopole de cette Eau. Tous leurs témoignages prouvent le contraire. D’Emmery, qui a donné en 1659 la première formule de l’Eau des Carmes adoptée par les pharmacopées, parle précisément du couvent de la place Maubert et non de celui de la rue de Vaugirard. En 1611, un médecin concocte une recette originale de boisson tonique réconfortante à base de mélisse, dont il donne la formule à un religieux carme de la rue de Vaugirard à Paris, le Père Damien. On s’en servit pour les bains et aussi contre l’odeur de la peste. Les carmes déchaussés de la réforme de Sainte-Thérèse s’établirent en France vers 1605, et bientôt après l’eau spiritueuse à laquelle ils donnèrent leur nom devenait la plus généralement recommandée par les médecins, et une source de fortune pour le couvent des pères qui le composaient. Le frère Joachim de Saint Jacques, des Grands Carmes de la place Maubert, affirme être débordé sous la demande au point de devoir multiplier les tonneaux de liqueur, en 1715.

Aussi à cette date transfère-t-il avec la permission de son supérieur, son secret à frère Gabriel de Saint-Nicolas, lequel serait d’après le Journal de Pharmacie, un carme déchaux et non pas un grand carme. Les jardins de ce monastère étaient très vastes. Ce n’était pas seulement dans leurs jardins qu’ils récoltaient les ingrédients nécessaires à la composition de l’eau de mélisse. On retrouva en effet, aux archives de l’hôtel de ville de Paris, une facture d’un sieur Bourlier, herboriste, établissant que du 22 novembre 1788 au 9 mai 1790, il avait fourni aux Carmes pour 75 l.

Carmes sont-ils fixés rue de Vaugirard, qu’ils établissent dans une des dépendances de leur maison une officine pharmaceutique, où ils fabriquent et vendent, dès 1611, ce fameux élixir qui, sous le nom d’Eau des Carmes, fera plus pour la réputation de leur couvent que la sainteté et le savoir de ses religieux, quelque éminents qu’ils soient. Les cures merveilleuses établirent sa réputation, même à la cour. La vente de l’Eau des Carmes prenait une extension rapide et devenait pour l’ordre une source de richesses. L’Eau des Carmes déchaussés trouva en maître Jean-Claude Verdeil, apothicaire aux piliers de la Halle, un premier contrefacteur. Les moines faisaient payer cher leur produit aux riches et le donnaient aux pauvres.