ETRE SOI-MEME. Un jour à la fois PDF

Une recherche rapide par mot-clé sur le site ? Pour abandonner ETRE SOI-MEME. Un jour à la fois PDF moi, encore faut-il en avoir un! Jean Schmitt nous propose une réflexion sur la méditation zen du point de vue des psychologies du soi. Lorsque le sentiment d’un moi sain ne s’est pas épanoui, la méditation peut être difficilement supportable ou au contraire devenir un refuge et une fuite.


Jean Schmitt est médecin et depuis 1982 psychothérapeute, d’abord en psychothérapie d’inspiration psychanalytique et depuis 1989 en hypnose ericksonienne et hypnopsychanalyse. Télécharger et imprimer le texte complet au format pdf. Par exemple, dans le zen, quelqu’un qui a peur d’une relation proche utilisera le non-attachement comme justification et quelqu’un qui masque sa dépendance ne supportera pas la solitude de la méditation, on viendra en bande faire zazen, restant en réalité très attaché à un moi défensif. Comment se construit le moi ? Freud appelait nos deux instincts de base l’eros et le besoin de destruction, et les appelait libido. La méditation est une tentative délibérée de suspendre les activités du moi et donc aussi d’arrêter de chercher des objets extérieurs, par la seule concentration dans la posture et la respiration, ce qui fait que le moi est frustré, ne pouvant remplir son fonctionnement naturel.

Mais en re-découvrant le soi on va aussi découvrir le moi-construit, ses attachements ET ses aversions, ses peurs, devoir en prendre conscience, LES ACCEPTER, et alors seulement pouvoir s’en détacher. Le symptôme, la souffrance peuvent être considérés comme la manifestation actuelle de ce que nous n’avons pas terminé dans l’enfance. Se détacher au moment présent est efficace pour un moi sain, cela peut être une fuite pour un moi qui n’en est pas arrivé à l’individuation. Qu’est ce que le soi ? ET par la sensation d’être aimé, accepté par les parents pour soi ce qui aboutit à la sensation d’être soi et aussi de s’aimer soi-même.

Si les parents ne sont pas capables émotionnellement d’avoir assez de présence et d’empathie pour reconnaître et accepter certains de ces besoins et émotions du petit enfant, l’enfant ne va plus avoir confiance en ce qu’il ressent, il va croire ce que disent les parents. Le faux moi crée une fausse individualité qui isole du monde et des autres, tout en gardant la nostalgie inconsciente de l’amour qu’on n’a pas eu enfant, c’est un moi bâti sur du vide, coupé de soi. Ces personnes auront donc une difficulté à vivre la vraie solitude qui est ouverture au monde, s’oublier, être en interrelation. On verra rarement les personnes avec la première forme de faux self pratiquer le zen : en général ces personnes vivent dans la société non-zen, investissent le monde, ont peur de la solitude. Pourtant si, à ce moment, elles ont le courage d’affronter leur vide, la méditation qui permet une restauration du soi les aidera. En réalité ces personnes répètent avec elles-mêmes l’extrême dureté qu’elles ont dû subir enfants, elles doivent développer d’abord de la compassion et de l’amour pour elles-mêmes.

Etre présent à la nature, aux arbres, aux objets est bien, être présent à l’autre et développer de la compassion dans une relation nécessite autre chose : devenir intime avec soi-même pour reconnaître et ressentir l’autre en soi, ne rien rejeter. S’attacher à la vacuité est la pire des choses dit le dalaï-lama car la compassion, l’amour viennent du soi, du monde des phénomènes. Le dalaï-lama et Dagpo Rimpoché, les premiers, m’ont fait sentir cela, une évidence, il y a vingt ans : il y a chez eux une terrible compassion, un terrible amour mais en même temps une espèce de transparence du moi, une solitude ouverte, une absence totale de désir de vous changer, ils vous acceptent pour ce que vous êtes. On peut rester toute sa vie avec un faux moi si le mental est très fort, très contrôlant, mais il y a en chacun de nous une pression de l’inconscient pour devenir soi-même dans le monde. Certains abandonnent brusquement le zen après dix ans de pratique, ils se réveillent, ils avaient oublié d’aimer, de tomber amoureux, de re-trouver cette proximité, ils avaient oublié d’exister dans le monde social. Avant d’être détaché, il faut avoir pu s’attacher profondément, avant d’arriver au non-moi, il faut un moi.