Grünewald PDF

Chapel of Musée d’Unterlinden with Isenheim altarpiece. Colmar, où il grünewald PDF le maître-autel de l’église de la préceptorerie. Le retable est constitué d’un ensemble de plusieurs panneaux peints qui s’articulent autour d’une caisse centrale composée de sculptures. Ce magnifique et monumental polyptyque se trouve aujourd’hui à Colmar, au musée Unterlinden dont il est la pièce maîtresse et qui lui doit sa renommée internationale.


Matthias Grünewald est un des plus grands artistes du monde germanique. Contemporain de Dürer et de Holbein, auteur des peintures du Retable d’Issenheim, dessinateur prodigieux, son style singulier en fait un « visionnaire », dont les compositions fascineront les expressionnistes. Les dernières découvertes biographiques permettent de mieux cerner la personnalité encore mystérieuse de cet artiste à la fois ingénieur des mines, fontainier, en même temps que peintre. Fautes de preuves archivistiques sur ses déplacements éventuels, les dettes stylistiques et les emprunts iconographiques laissent voir un dialogue fascinant avec les œuvres de Mantegna et, peut-être, l’art de Léonard de Vinci, confrontation qui sera discutée. Cette singularité, la conscience qu’en ont eu très tôt ses contemporains, font l’objet d’un large chapitre, parallèlement à l’examen de son oeuvre. Sa technique picturale, hautement symbolique en ces temps travaillés par l’alchimie, étudiée en détail par le Centre de recherche et de restauration des musées de France, fait ici l’objet d’un chapitre rédigé par un de se membres. La dernière partie de l’ouvrage traite de la postérité de Grünewald sa redécouverts par des érudits au XIXe siècle puis sa célébration par des écrivains comme Huysmans en font une figure mythique vénérée par les artistes les plus importants des avant-gardes : Picasso, Matisse, Bacon, Pollock, Jasper Johns, Antonio Saura, tous sensibles à la fantastique puissance mnémonique des œuvres de l’artiste. Richement illustrée, l’approche iconographique et plastique du corpus grünewaldien est exceptionnellement servie ici par le matériau macrophotographique des clichés des spécialistes du Centre de Recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) réalisés lors de la campagne d’étude menée à Colmar, au musée d’Unterlinden, et dans les musées détenteurs d’œuvres de Grünewald. Aucun ouvrage, publié récemment, ne propose un tel ensemble d’illustrations ni ne réunit autant de données biographiques ou historiographiques sur l’artiste et ses œuvres.

Il est exposé dans une ancienne église, aménagée pour le mettre particulièrement en valeur. Le retable d’Issenheim comporte des scènes d’une intensité dramatique peu commune, et tout à fait exceptionnelle pour son époque. L’étonnante modernité de l’œuvre a fasciné de nombreux artistes français et étrangers, parmi lesquels le peintre japonais Itsuki Yanai, qui a passé plus de vingt ans à copier le tableau original, ou Gérard Titus-Carmel qui a longtemps dialogué avec le retable à travers une série de tableaux intitulée  Suite Grünewald . Le retable est réalisé entre 1512 et 1516 pour la commanderie des Antonins d’Issenheim, d’où son nom. Il reprend sa place au musée en septembre 1919.

Seul accident de son existence, en 1903, un panneau de Saint-Antoine tombe, ce qui occasionne une fente dans le bois. Le grand Saint Antoine, patron des Antonins, volet latéral du retable. Il s’agit d’un ordre  mendiant  qui a pour vocation de soigner et d’assister les malades et qui suit la règle de saint Augustin. Le monastère des Antonins d’Issenheim était situé sur une ancienne voie romaine menant des pays germaniques, par Bâle, vers les lieux de pèlerinage traditionnels du Moyen Âge, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle : nombreux étaient les pèlerins et voyageurs qui y passaient. Le retable d’Issenheim est un retable polyptyque germanique à double volets sur lequel les différents volets pouvant être ouverts pour illustrer les différentes périodes liturgiques durant le culte et lors des fêtes correspondantes. Le retable fermé, qui était visible durant la plus grande partie de l’année, montre une Crucifixion, traitée comme une seule scène non compartimentée.