Histoire de la Birmanie contemporaine: Le pays des prétoriens PDF

60 000, dont environ 40 000 Rohingyas à New Delhi, et environ 15 000 au Bengale Occidental. Arakan, à l’ouest de la Birmanie. Le mot signifie  habitant du Rohang , nom donné anciennement à l’Histoire de la Birmanie contemporaine: Le pays des prétoriens PDF par les musulmans de ces régions. L’origine de ce groupe est controversée.


Née par les armes voilà soixante ans, la Birmanie est aujourd’hui le plus ancien régime militaire du monde. Résultat : des forces armées omniprésentes asphyxient la vie politique, laissent trente millions de Birmans avec moins d’un euro par jour pour vivre et une dizaine d’ethnies en guerre civile plus ou moins continue. Grenier à riz de l’Asie et l’un des pays les plus alphabétisés du monde en 1948, la Birmanie marche au pas de l’oie vers le non-développement. Et les vicissitudes infligées à Aung San Suu Kyi, prix Nobel iconifiée qui incarne la seule opposition démocratique, laissent augurer un long purgatoire. 
Sauf que la réalité, mesurée sur le terrain et étayée par les sources inédites rassemblées par Renaud Egreteau, se révèle beaucoup plus compliquée. La Birmanie ploie sous le poids d’un « passé qui ne passe pas » : l’influence japonaise des années 1930 et la colonisation britannique ; elle est hantée par la menace des deux Géants qui la bordent – la Chine et l’Inde – et par « l’invasion » redoutée des ONG, des Occidentaux et du capitalisme libéral. Sans complaisance ni concession, Renaud Egreteau déconstruit le paradoxe d’un pays qui tient ensemble sous la poigne des prétoriens : et si la démocratie et le développement comptaient moins que l’entre-soi ?

Docteur de l’IEP de Paris, Renaud Egreteau est chercheur à l’université de Hong Kong.

Bien que l’origine du terme soit discutée, c’est l’étymologie considéréé comme la plus probable. Mohammedans, who have long settled in Arakan, and who call themselves Rooinga, or natives of Arakan. Les mahométans, qui sont depuis longtemps établis en Arakan, et qui s’appellent eux-mêmes Rooinga, ou natifs d’Arakan. A Comparative Vocabulary of Some of the Languages Spoken in the Burma Empire , The Asiatic Society, vol. Mais leur présence est bien antérieure.

Arakan, installés à Mrauk U, la capitale, agrandissent leur royaume et imposent leur suzeraineté sur Chittagong, ville bengalie appartenant à l’empire moghol. De 1824 à 1826, lors de la première guerre entre l’Empire britannique et la Birmanie, les Rohingyas sont supplétifs dans l’armée britannique et considérés comme des traîtres par les indépendantistes birmans. Chittagong, profitant de la colonisation britannique, se soient définitivement fixées au sud de la rivière Naaf, dans les districts de Maungdaw et Buthidaung. Après la Seconde Guerre mondiale, ils soutiennent de nouveau les Britanniques face aux Birmans, par peur d’être persécutés par ces derniers. Rohingyas subissent de graves persécutions qui ont abouti à leur exclusion de la communauté nationale. Désigné et traité comme des  immigrés illégaux , refoulés par les États voisins, aucune solution ne se dessine pour ces réfugiés apatrides qui n’en ont même pas le statut. En 1948, la Birmanie retrouve son indépendance et le premier président de Birmanie déclare en 1959 que les musulmans arakanais  font indéniablement partie des races indigènes de Birmanie .

Mais l’arrivée en 1962 au pouvoir du dictateur Ne Win entraîne la discrimination des minorités ethniques. Après quoi, le gouvernement birman accepte la création de camps à la frontière avec le Bangladesh. En 1974, une loi met en place l’obligation pour les citoyens de fournir un document apportant la preuve qu’ils sont enregistrés comme nationaux. Les Rohingyas se voient interdire l’obtention de ce document et sont donc enregistrés en tant qu’étrangers . En 1977, le gouvernement met en place un programme pour lutter contre l’immigration illégale. C’est un programme national, mais dans l’état de Rakhine il cible essentiellement les Rohingyas.

Ils sont alors pourchassés par l’armée birmane ainsi que par des groupes extrémistes locaux soutenus par le régime. Le Myanmar appliquant la règle du jus sanguinis, les personnes nées de deux parents apatrides deviennent elles-mêmes apatrides. Ces 135 ethnies correspondent aux minorités présentes en Birmanie avant 1824, c’est-à-dire avant l’arrivée des colons britanniques dans la région. En 2008, une nouvelle constitution maintient toujours les Rohingyas hors de la communauté nationale. Leurs droits demeurent restreints : pas de liberté de déplacement, autorisation nécessaire pour se marier, pour travailler, limitation du nombre d’enfants, accès très limité à l’école et aux soins de première nécessité, etc. Il existe aussi une islamophobie historique.

Article détaillé : Conflit dans l’État d’Arakan en 2012. De juin à octobre, 200 personnes sont tuées, plus de 75 000 doivent fuir leurs habitations, incendiées en très grand nombre. Le 7 janvier 2009, près d’un millier de réfugiés birmans de l’ethnie Rohingya sont arrivés dans quatre bateaux sur l’île de Weh en Indonésie. Cependant, l’Indonésie refuse d’accueillir les réfugiés et les demandeurs d’asile. Ces migrants vont donc être redirigés vers l’agence des Nations unies pour les réfugiés, auprès de laquelle ils pourront enregistrer une demande d’asile pour un pays tiers. Pendant l’étude de leur dossier, ils ne perçoivent aucune aide financière, ne disposent d’aucun logement et n’ont pas le droit de travailler. Plus d’une vingtaine de corps de Rohingya ont été exhumés.

Article détaillé : Conflit dans l’État d’Arakan en 2016-2017. En octobre 2016, des postes frontières sont attaqués, ce qui provoque de féroces représailles de la part de l’armée : viols, tortures et massacres. ONU auprès de réfugiés au Bangladesh, l’armée birmane, appuyée par des milices bouddhistes, se livre contre les villages Rohingyas à de nombreuses exactions, tueries, viols, incendies de villages et de mosquées, visant à forcer les survivants à l’exil et à empêcher leur retour en détruisant leurs demeures, . Le pouvoir birman rejette quant à lui toute allégation de persécutions ou de nettoyage ethnique, assurant combattre uniquement des terroristes ou des miliciens armés.

Bangladesh et évoque la possibilité de retours après vérification d’identité. Entre le 25 août et le 24 septembre, MSF estime que 6. Des photos prises par l’ambassadeur de l’U. La situation des Rohingyas est largement médiatisée depuis les événements du mois d’août 2017, alors qu’elle a été a peu près complètement ignorée jusque-là.

Les années 2011 à 2016 voient la Birmanie passer d’une dictature soumise à embargos à une démocratie partielle rétablissant des liens avec les États occidentaux et les renforçant avec l’ASEAN . L’Union européenne a levé les sanctions économiques qui pesaient sur la Birmanie depuis la mise en place de juntes militaires . Elle donne ainsi à la Birmanie l’accès au FMI et à la Banque mondiale. Frédéric Debomy, ancien président d’Info Birmanie qui avait rencontré en septembre 2011 Aung San Suu Kyi, alors présidente de la LND, parti d’opposition, indiquait que sans doute elle marquait ses distances envers les préjugés anti-musulmans de ses concitoyens, mais qu’elle ne se prononçait pas sur la citoyenneté des Rohingyas. Rohingyas et de soulever des fonds pour le financement d’aides. Depuis quelques années on voit naître des associations qui veulent défendre la cause de cette minorité.