L’Architecte, lui-même et les autres PDF

L’Architecte, lui-même et les autres PDF tombale de l’architecte Hugues Libergier, Reims, XIIIe siècle. La règle, le compas, l’équerre et le modèle réduit de construction symbolisent la profession du défunt. Le Grand Architecte créant le Ciel et la Terre à l’aide du grand compas d’appareilleur.


Dessin d’après une Bible française du XIIIe siècle. Salomon et l’architecte du Temple de Jérusalem, avec l’équerre et le compas « serpentin ». Moyen-Âge fut animé d’un formidable élan bâtisseur. Paradoxalement, cette dimension importante de la vie économique, sociale et religieuse n’a laissé qu’assez peu de traces documentaires en ce qui concerne la personnalité et la vie quotidienne des bâtisseurs. Les contrats et livres de comptes ayant survécu au temps et aux destructions ne permettent guère de s’en faire une idée précise. Pourtant, sa compétence professionnelle le classe bien au-dessus d’un simple exécutant et les chantiers qu’il conduit l’amènent à côtoyer de près le haut clergé et la noblesse. En fait, la difficulté à cerner la personnalité du bâtisseur médiéval résulte tout autant des préjugés que des lacunes documentaires.

Mais il en allait tout autrement au Moyen Age. Sur le plan technique, l’architecte médiéval se doit de posséder avant tout une connaissance parfaite de la taille de pierre et de la charpenterie. Il s’agit donc en réalité d’ingénierie. Cependant, si l’on conçoit aisément toute l’importance de cette formation technique par la pratique, il n’en demeure pas moins que l’élaboration des plans, des façades et de l’ornementation fait appel à d’autres connaissances, notamment artistiques. L’itinérance est d’ailleurs une caractéristique notoire des bâtisseurs médiévaux. Un chantier se trouve-t-il immobilisé faute de subsides que, quelquefois à l’autre bout de l’Europe, un autre s’ouvre qui a besoin d’eux. Villard de Honnecourt a voyagé jusqu’en Hongrie.