L’architecture des Dogons PDF

Cinéaste, Enseignant, Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Afrique ressemble à un leurre perspectiviste ou à l’architecture des Dogons PDF impasse théorique.


C’est seulement au début du XXe siècle qu’apparurent en Europe les premiers rapports concernant la culture et l’architecture des Dogon, population de l’ouest africain. Leur territoire, long de près de 250 kilomètres, s’étend des deux côtés du massif de Bandiagara, au coeur des hauts plateaux du Mali. Accrochés à des falaises abruptes et difficilement accessibles ou posés sur le plateau, les Dogon érigèrent en terre des habitations, des greniers, des lieux de culte et des bâtiments publics d’une impressionnante qualité. Inscrite dès 1989 au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette architecture traditionnelle développée depuis plusieurs siècles allie des qualités fonctionnelles, économiques et esthétiques tout en s’adaptant au climat et à l’écologie. Cette nouvelle édition entièrement revue d’un ouvrage de référence sur l’architecture en terre des Dogon repose sur des recherches de longue date. Elle est complétée par des prises de vue aériennes, des dessins et de nombreux plans.

Non pas que les arts visuels africains soient moins riches qu’ailleurs. Non pas que la problématique de la représentation du sacré ou du spirituel soit moins importante qu’ailleurs : c’est peut-être au contraire ce qui les caractérise le mieux. C’est ainsi que sont nées, du moins en partie, notre sympathie et notre compréhension pour les Primitifs, et nos affinités spirituelles avec eux. Tout comme nous, ces artistes purs ont essayé de ne représenter dans leurs œuvres que l’Essentiel Intérieur, par élimination de toute contingence extérieure.

Rappelons quelques points essentiels à propos de l’art africain en général. D’abord la très grande diversité des ordres d’objets : statues, masques, meubles, instruments de toutes sortes, si l’on s’en tient à la sculpture. C’est le morcellement des styles—morcellement extrême que l’animisme, au caractère foncièrement parcellaire, ne pouvait guère qu’accentuer—qui restera ici la note dominante. Dans la production artistique de nombreuses sociétés africaines, l’art de sculpter le bois joue un rôle si important que d’autres talents, ceux de céramiste ou de peintre, d’architecte ou d’orfèvre, de vannier ou de tisserand, paraissent n’occuper la scène que comme des éléments accessoires. D’une part, sa présence avec des objets de la vie quotidienne. Cet auteur étudie par exemple une série de  couvercles à proverbes  chez les Bawoyo et des calebasses pyrogravées chez les Fon. 1—L’art négro-africain est indissociable du travail humain.