L’autofiction PDF

Les noms des personnages ou des lieux peuvent être modifiés, la factualité mise au second plan au profit de l’économie du souvenir ou des choix narratifs de l’auteur. Si l’on veut, autofiction, d’avoir confié le langage d’l’autofiction PDF aventure à l’aventure d’un langage en liberté .


L’autofiction est un « phénomène » littéraire qui a supplanté l’autobiographie. Ce nouveau roman du « Je » est officiellement qualifié en 1977 par Serge Doubrovsky dans le fameux texte de quatrième de couverture de son roman Fils. Ce terme donne lieu aujourd’hui comme hier à de nombreuses controverses théoriques, esthétiques et morales.
Au tournant d’un millénaire et en réponse aux tumultes culturels, sociaux et politiques s’est installé un débat autour de la pratique de l’autofiction et de ses réflexions sur la place de l’individu dans une société où le virtuel enjambe le réel, où les limites traditionnelles éclatent et les mœurs se transforment.
Au vu des disparités théoriques engendrées par l’apparition de ce terme et du questionnement sur le pacte entre le lecteur et l’auteur, Isabelle Grell propose ici de clarifier les diverses approches conceptuelles.

L’usage du terme  autofiction  en milieu universitaire est récent et reste problématique. Ces dichotomies témoignent en tout cas de l’ambiguïté de la notion. Selon Serge Doubrovsky, l’autofiction est un récit dont les caractéristiques correspondent à celles de l’autobiographie, mais qui proclame son identité avec le roman en reconnaissant intégrer des faits empruntés à la réalité avec des éléments fictifs, que ce soit dans l’édition classique ou sur Internet. Il s’agit donc de la combinaison des signes de l’engagement autobiographique et de stratégies propres au roman, d’un genre qui se situe entre roman et journal intime. La définition de Serge Doubrovsky, en ce qu’elle est trop restreinte, risque à terme de n’illustrer que ses propres livres Serge Doubrovsky n’en est-il pas le premier conscient lorsqu’il revendique dans sa lignée des livres tels que La Naissance du Jour par exemple, récit dans lequel Colette ne respectait pas les faits tels qu’ils se sont passés mais les utilisait à des fins expérimentales ? Michel Butor aussi se présente comme un pionnier revendiqué de l’autofiction avant la lettre avec son Portrait de l’artiste en jeune singe, paru en 1967, soit dix ans avant que Doubrovsky n’invente le mot. Butor explique:  Le Portrait de l’artiste en jeune singe, c’est une narration.

Mais évidemment, on ne peut pas dire que c’est un roman. Mathurin Ovono Ebè propose la notion d' »Autopersonnagination », plus expressive de cette sphère de la création littéraire que celle d' »Autofiction ». Frédéric Beigbeder, pour la quasi-totalité de ses œuvres. Chloé Delaume, La Règle du Je. Arnaud Genon, Autofiction : pratiques et théories. Une bibliographie des livres, thèses, articles disponibles sur l’autofiction est publiée dans Genèse et autofiction, sous la dir. Catherine Viollet et Jean-Louis Jeannelle, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2007, p.

Serge Doubrovsky, Fils, Paris, Galilée, 1977. Cie, Colloque de Nanterre, 1992, dir. Serge Doubrovsky, Jacques Lecarme et Philippe Lejeune, RITM, no 6, p. Jacques Lecarme, L’autofiction : un mauvais genre ? Arnaud Genon, L’œuvre de Colette : de l’autobiographique à l’autofictionnel, www. Nicole Michel Grépat, Du duel au duo : Colette et sa mère, fabula.