L’homme commun : La genèse du réalisme ontologique durant le haut Moyen Âge PDF

Il meurt l’homme commun : La genèse du réalisme ontologique durant le haut Moyen Âge PDF 876 sur le continent, comme nombre de moines celtes venus d’Irlande,  l’île des saints et des savants  et du christianisme celtique. On cumule sur le continent ses surnoms Scotus et l’Érigène ou, en latin, Eriugena.


La dénomination Jean Scot Erigène dissimule une redondance toponymique. En effet, dans son pays d’origine, on le nommait Hibernia, Scottia ou Eriu. Il vient en France, appelé par Charles le Chauve, et il passe presque trente ans à la cour de ce prince, il enseigne probablement les arts libéraux à l’école palatine. Avec le règne de Charles, le cadre des études officielles dispensées s’élargit. Il a une culture exceptionnelle pour son temps. Il est féru de grec, il traduit et annote les œuvres de Maxime le Confesseur ainsi que Sur les images de Grégoire de Nysse.

Il étudie Origène et saint Augustin. Ce laïc irlandais a su en extraire une quintessence qui prolonge des traditions antérieures, chrétiennes et païennes. Sa pensée pourrait être redécouverte pour renouveler la pensée sur des thèmes comme l’imaginaire, la théologie apophatique, le symbolisme, etc. Pour lui, toutes les aspirations humaines au savoir ont pour origine la question de la foi en la révélation. L’Irlandais, agile de l’esprit, concevait la nature sous quatre catégories dont le point de départ était Dieu et dont le terme aboutissait à Dieu, donc comme un cercle qui part du Suprême et fait retour à lui. Tout part du Suprême et retourne au Suprême.

Il est sur l’Un diverses perspectives finies légitimes en tant que finies. Tous les êtres créés se résorbent ainsi en leur créateur. Théologien émérite, il glose l’Évangile selon Jean, analyse la pensée d’Augustin d’Hippone et prend part aux grandes querelles théologiques sur la nature divine. Il s’oppose à Godescalc au sujet de la prédestination. Ce panthéisme est une accusation ancienne mais qui n’a jamais, et pour cause, été confirmée.

Vers 865 ou 867, il est dénoncé comme hérétique par le pape Nicolas Ier. Dieu ne prévoit ni peines, ni péchés : ce sont des fictions. L’enfer n’existe pas, ou alors il se nomme le remords. Mouvement férocement pourchassé par l’Inquisition et dont la première condamnation papale remonte à 1204. Les attributions de postérité  sectaire  à Jean Scot Erigène résultent d’une incompréhension de son œuvre. Jean Scot est strictement le continuateur de la tradition néoplatonicienne de la basse antiquité, en particulier de Proclus, relu et christianisé par Denys l’Aréopagite. Le 10 juin 2009 le pape Benoit XVI a parlé de Jean Scot Erigène dans une catéchèse en mettant en avant la relation entre la foi et la raison.

La date de naissance la plus communément admise l’an 800. Avital Wohlman, L’homme, le monde sensible, et le péché dans la philosophie de Jean Scot Erigène Vrin, 1987. De divisione naturae, II, 1 : « LA nature universelle se divise en quatre catégories : l’être qui n’est pas créé et qui crée, l’être qui est créé et qui crée, l’être qui est créé et qui ne crée pas, l’être qui n’est pas créé et qui ne crée pas. Dieu comme principe ou comme but du monde. Stephen Gersh « From Iamblichus to Eriugena: an investigation of the prehistory and evolution of the pseudo-Dionysian tradition » Brill Archive, Leyde, 1978.

Il est condamné par le troisième concile de Valence en 855 et par le concile de Langres en 859. Alain de Libera, La Philosophie médiévale, Paris, PUF, coll. Benoît XVI, Audiences 2009, Jean Scot Érigène, le 10 juin 2009. La genèse du réalisme ontologique durant le haut Moyen Âge, Partis, Vrin, 2010. Nelson, Charles le Chauve, Paris, Aubier, 1994. Les œuvres sont rassemblées dans le tome 122 de la Patrologie latine de J. Dublin, par les soins de I.