L’offrande musicale PDF

La Bibliothèque de l’Assemblée nationale possède, dans son fonds ancien, un ensemble de versions manuscrites ou imprimées – et dans ce cas annotées de la main de l’auteur – du roman La nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. Ces versions ont précédé l’établissement du texte définitif que l’on l’offrande musicale PDF aujourd’hui. Assemblée en 1794, l’édition en version intégrale du Brouillon, accompagnée d’une courte notice de présentation. La Copie personnelle correspond au deuxième brouillon de La nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau.


Blandine Verlet fait accorder son clavecin, un admirable Rückers. Elle trouve une salle à l’acoustique idéale. Elle jouera les Variations Goldberg. Les murmures se sont tus. Elle entre sur scène et s’assied au clavier, mains posées sur les genoux. Elle se concentre. Puis elle tourne en silence, l’une après l’autre, les pages de la partition. Elle se lève. Le récital a été splendide…
De ce rêve à la John Cage sort un livre, où il nous est donné de participer aux pensées d’une musicienne hors pair. Comment se règle en elle, au moment où elle tourne les pages de sa partition, l' » entretien  » de ses cinq sens ? Que se disent en elle ses compagnons François et Louis Couperin, Froberger, Frescobaldi, Sweelinck et Bach ? Le dernier couronne ceux qui l’ont précédé. Nous sommes au matin du monde, juste avant l’accident de la première note – l’incarnation du son.
Avec ce traité du goût subtil et délicat, d’une rare exigence, Blandine Verlet ouvre son atelier : choix de textes, entretien, images d’art reproduites en couleurs, notes issues de ses carnets. Dans chacune de ces pages sonne un  » art de toucher  » et résonne une voix que beaucoup connaissent déjà, pour l’avoir entendue les guider dans l’intimité des plus grands compositeurs.
Ce livre échappant à tous les genres, ouvert aux interprètes et aux mélomanes, est accompagné d’un disque où figurent plusieurs enregistrements inédits.

Tel quel, ce manuscrit, qui comporte encore de nombreuses corrections, est loin de représenter la version définitive de l’oeuvre. Primitivement, cette copie, reliée en maroquin rouge, comportait quatre volumes, tous les quatre la propriété du conventionnel Hérault de Séchelles qui les avait achetés en Hollande, ainsi qu’un petit portrait sur émail de Mme de Warens, pour 24 000 livres. Les deux premiers volumes regroupent les trois premières parties de La nouvelle Héloïse et les deux suivants la quatrième, la cinquième et la sixième partie de l’oeuvre. A la mort de Hérault de Séchelles, guillotiné en 1794, la Convention se saisit des deux derniers volumes au domicile du parlementaire. Ce sont eux qui sont présentés ici. En revanche, les émissaires de la Convention ne retrouvèrent pas les deux premiers volumes, ni le portrait. Ceux-ci font cependant leur réapparition en 1801, lors d’une vente aux enchères effectuée au bénéfice de la veuve du conventionnel.

Tous ces souvenirs sont achetés pour 700 francs or par une seule personne, un particulier du nom de Rivière. Ensuite, on perd à nouveau la trace des deux premiers volumes de la Copie personnelle. On sait cependant que, entre les deux guerres, un volume – le premier correspondant au deux premières parties de La nouvelle Héloïse – était passé dans la bibliothèque du duc de Newcastle. Louis Barthou, ancien Président du Conseil. Un spécialiste de Rousseau, professeur à la Sorbonne, Daniel Mornet, a pu consulter cet ouvrage pour l’édition Hachette de 1925. La troisième oeuvre présentée ici, la Copie pour la Maréchale de Luxembourg, n’est pas à proprement parler un brouillon mais plutôt une copie autographe de La nouvelle Héloïse que Jean-Jacques Rousseau a réalisée en 1760, afin d’honorer l’une de ses bienfaitrices. Tout en recopiant, Rousseau n’a pu néanmoins s’empêcher de procéder à un certain nombre de corrections.

La dernière oeuvre présentée ici – l’édition Duchesne-Coindet – n’est pas un manuscrit stricto sensu. C’est une version imprimée mais annotée et corrigée de la main de Rousseau en 1764. La première version imprimée de La nouvelle Héloïse date de 1761. L’édition que l’on trouvera ci-après, appelée d’abord tout simplement l’édition Duchesne, a été réalisée en 1764, à Paris et à Neuchâtel, sans avoir reçu l’aval de Rousseau. Le texte était sensiblement différent de l’édition Rey. Rousseau tombe sur elle chez un ami genevois François Coindet. En tant que telle, l’édition rectifiée et corrigée, confiée ensuite par Rousseau à son ami Coindet pour qu’il puisse vérifier, documents originaux en mains, les éditions ultérieures de La nouvelle Héloïse en Suisse, est devenue l’édition Duchesne-Coindet .