La Montre Tank PDF

La Montre Tank PDF est un film américain réalisé par Marvin J. Tank peut évoquer un jeu d’arcade appelé T. Cartier Tank, montre de l’entreprise Cartier. Rechercher les pages comportant ce texte.


La dernière modification de cette page a été faite le 16 octobre 2018 à 14:00. D’où vient la culture de grève en France? Pas étonnant que la France ait la réputation d’être championne de la grève: nos rapports sociaux sont basés sur la régulation conflictuelle. Des salariés du public et du privé dans une manifestation à Nantes, le 28 octobre 2010. Tout a commencé avec des questions de notre grand-frère américain Slate. France, les manifestations et les grèves qui s’installent. Leur grande question et celle de leurs lecteurs américains, «c’est pourquoi est-ce que les Français réagissent de la façon dont ils réagissent.

Pourquoi est-ce que vous êtes toujours en train de faire la grève? Est-ce qu’on fait réellement toujours la grève? Et est-ce que la France fait-elle plus la grève que ses voisins? C’est ce que dit le cliché, mais la réalité est complexe à analyser parce que l’exercice de comparaison entre pays européens est difficile: il n’existe pas de statistiques européennes standardisées. France par exemple, les statistiques officielles ne prennent en compte la fonction publique d’État que depuis 1982. En plus, si cet étalon est plus représentatif que simplement le nombre de journées de grèves par pays, il écrase quand même les débrayages ou autres grèves de très courte durée, et ne reflète donc pas la totalité et la complexité du phénomène gréviste. Même si les instruments de dénombrement des jours de grève sont constamment en train d’être améliorer, on peut aussi déceler des tendances françaises pour la fin du XXe siècle.

Guy Groux, directeur de recherche au CNRS et au Cevipof, estime que la France est passée de 168 journées de grève pour 1. Parce que la France a bien une «culture de grèves», même si celle-ci ne se reflète pas nécessairement dans les chiffres des journées non travaillées, explique Stéphane Sirot. Avec ce décalage s’est constituée une culture des rapports de force dans le monde du travail. Les deux systèmes ont le même objectif de régulation des rapports sociaux, précise Stéphane Sirot, qui voit dans Mai-68 l’exemple le plus spectaculaire du système à la française: c’est le mouvement le plus massif de notre histoire, mais c’est aussi celui qui voit les négociations de Grenelle, qui contribueront au reflux des conflits et à la reprise du travail dans plusieurs secteurs. En Angleterre, les délégués syndicaux existent depuis l’après Première Guerre mondiale. Pour quoi fait-on la grève ? Mais depuis la défaite des syndicats lors de la réforme des retraites de 2003, qui était pourtant l’un des conflits les plus massifs de la fonction publique, la technique de l’État est davantage de laisser pourrir un conflit que de négocier.

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a en plus eu deux victoires très franches sur les syndicats dès son arrivée au pouvoir: l’instauration du service minimum, et cette réforme des régimes spéciaux de retraite. Difficile pour l’instant de savoir quel effet la loi sur la représentativité syndicale de 2008 va avoir sur les syndicats et la grève à la française. Mais la loi pourrait aussi avoir l’effet inverse et «nourrir l’affaissement de la pratique gréviste», estime l’historien, si les syndicats axent leur légitimité sur leurs futurs résultats aux élections et sont en campagne permanente, alors que leur légitimité jusque-là se basait sur leur capacité d’adhésion et de mobilisation aux mouvement sociaux. La détérioration du système de régulation conflictuelle se voit aussi à la façon dont on fait la grève: on passe plus rapidement de la «journée d’action», avec une grève dite «carrée» qui commence et finit à telle heure tel jour, à des grèves reconductibles. Et si le système de régulation conflictuelle ne fonctionne plus, il n’a pas pour autant été remplacé par un autre, d’où un malaise social qui s’accentue.

La grève se manifesteL’autre symbole du conflit à la française, c’est évidemment la manifestation. La rue fait partie de notre héritage historique, qui date notamment de la Révolution mais aussi de notre démocratie politique très précoce, affirme Stéphane Sirot: fondée sur les idées des Lumières et de Rousseau, dès la 1e République, la Constitution affirme que le pouvoir élu est légal, mais pas forcément légitime. La seule légitimité appartient au peuple, pas à l’élu. Et pour l’historien, «ce n’est pas la manifestation en elle-même qui porte ça , c’est la société qui amène vers les rassemblements des jeunes qui expriment d’autre problèmes». Quand elle est associée à la grève, la manifestation fait partie intégrante de la régulation conflictuelle à la française, mais on ne manifeste pas seulement pour des droits sociaux.

Manifs pendant la guerre d’Algérie, ou encore en 2002 quand Jean-Marie Le Pen est passé au deuxième tour, on descend dans la rue aussi pour des raisons politiques. Les syndicats y participent toujours, mais les gens qui manifestent ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui défilent lors de conflits sociaux. C’est finalement peut-être dans ces manifestations-là que les Américains peuvent se retrouver, puisque leurs plus grandes manifestations se sont faites contre la guerre du Vietnam ou pour les droits civiques, et que leurs plus récentes sont celles du mouvement politique conservateur Tea Party. Les mères sont-elles vraiment la solution au harcèlement des femmes? Une sélection personnalisée des articles de Slate tous les matins dans votre boîte mail.