La Naissance du théâtre moderne à Tokyo (1842-1924) : Du kabuki de la fin d’Edo au Petit Théâtre de Tsukiji PDF

Plafond et la Naissance du théâtre moderne à Tokyo (1842-1924) : Du kabuki de la fin d’Edo au Petit Théâtre de Tsukiji PDF du fond en bois, ce dernier étant décoré de pins maritimes stylisé. Scène de nô, genre classique du théâtre japonais.


Quand en plein XIXe siècle le Japon s’ouvre à l’Occident, il entame une mutation profonde et réfléchie. S’étonnera-t-on que le théâtre, art majeur dans cette culture, change aussi sans retard ? Mais dans quel sens ? Comment ? Sont d’abord présentés les genres florissants à l’époque d’Edo, du kabuki aux spectacles forains. Voilà donc qu’ils évoluent sous la pression des faits politiques et sociaux, qu’ils influencent des formes nouvelles (shinpa, shingeki), surgies durant les ères Meiji (1868-1912) et Taishô (1912-1926). À travers l’aventure des troupes qui créent à Tokyo un «nouveau théâtre» transparaissent les questions-clés : quels rapports nouent-elles avec le pouvoir ? Que connaissent-elles de l’Occident ? Quels sont les textes déterminants ? Les modèles ? Les enjeux ? Quelle place y fait-on aux femmes, longtemps bannies des scènes ? Quel rôle jouent la presse et le cinéma naissant ? Nourri d’essais, de romans, de mémoires, c’est autour d’une figure centrale, l’écrivain et metteur en scène OSANAI Kaoru, le récit sinueux d’une naissance, celle du théâtre moderne. L’accompagne un glossaire riche et précis (sur cent cinquante personnalités, trente troupes, vingt revues, l’architecture des principaux théâtres…) pour nous guider dans ce voyage surprenant.

Trois périodes marquent l’histoire du théâtre japonais. Chaque forme du théâtre japonais, classique ou moderne, possède des caractéristiques de jeu et de dramaturgie variées, dont les plus typiques sont l’usage récurrent de masques raffinés ou caricaturaux, l’importance de la danse et de la musique d’accompagnement, la gestuelle stylisée des acteurs ainsi que la forte hiérarchisation des rôles dans les troupes de théâtre. De nos jours, l’art du théâtre japonais est mondialement reconnu pour sa qualité, ses trois genres classiques étant tous inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le théâtre japonais trouve ses origines dans les danses rituelles et la chorégraphie sacrée. Les danses rituelles, au début très rudimentaires, ont l’originalité dans les arts vivants japonais d’avoir des origines tant autochtones qu’importées du continent asiatique. Danse kagura effectuée par des miko, danseuses attachées à un sanctuaire shinto. Acteur se mouvant au milieu de têtes de dragon de papier dans une atmosphère enfumée.

Danse kagura à Ise représentant le combat entre la divinité Susanoo et le monstre Yamata-no-Orochi. Danse kagura à Hamada en l’honneur d’Ebisu, divinité shinto des pêcheurs, des marchands et de la prospérité. Si les Japonais ont très vite eu le goût d’adapter et harmoniser les danses primitives autochtones pour en faire des divertissements esthétiques ou des farces populaires, il en va de même pour les divers rituels importés du continent, principalement de Chine et de Corée. Ce sont tous ces éléments peu à peu dénués de leur caractère magique et religieux et intégrés au folklore qui conduisent à la formation d’un théâtre japonais élaboré.

Parmi les plus anciens spectacles importés d’Asie figure le gigaku, apporté de Corée en 612 selon la tradition. Quatre danseurs sur une scène en plein air, cambrés et les bras écartés vers le ciel. Deux grands motifs comportant des serpents et des paons encadrent la scène. Le gagaku a contribué à forger les canons musicaux des aristocrates. Danseur revêtu d’un demi-masque de chat, costume orange, pantalon et tunique à motifs floraux vifs. Fortement populaire, profane et parfois vulgaire, le sarugaku et le sarugaku nô ont eu comme le dengaku une importance primordiale sur la naissance du théâtre japonais. Scène située au centre d’un plan d’eau rectangulaire.

Biographie illustrée du moine itinérant Ippen, 1299. Ippen imagine, pour rendre cette pratique plus attractive, un rituel de récitation dansé et chanté un peu extatique, rythmé par les percussions. Acteur de nô en costume de divinité féminine. La dernière étape avant la formation d’un véritable spectacle dramatique est l’apparition du dialogue. Ce dernier apparaît principalement dans les festivals populaires, les matsuri, où s’instaurent des échanges parlés entre danseurs. Scène d’une pièce de théâtre nô.