La vérité sur Fabio PDF

Le Discours la vérité sur Fabio PDF la servitude volontaire ou le Contr’un est un ouvrage rédigé par Étienne de La Boétie. Ce texte consiste en un court réquisitoire contre l’absolutisme qui étonne par son érudition et par sa profondeur, alors qu’il a été rédigé par un jeune homme. L’originalité de la thèse soutenue par La Boétie est de nous démontrer que, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent quand ils pensent que la servitude est forcée, elle est en vérité toute volontaire. Combien, sous les apparences trompeuses, croient que cette obéissance est obligatoirement imposée.


Gênes, dans les années 80. Un groupe s’étourdit comme il peut entre sexe, drogue et rock’n’roll, jusqu’au jour où Fabio se pend dans son appartement. Il était le leader, le chef de la bande. Incontesté. Sous le choc, le groupe peine à expliquer ce suicide. Le nom d’Alice, la petite amie de Fabio, qui a disparu sans laisser de traces, court sur toutes les lèvres. Tourmenté par la mort de Fabio, le narrateur, Laudrian, rompt avec les membres du groupe et touche bientôt le fond. Sept ans plus tard, décidé à renaître à la vie, il se lance dans une quête effrénée pour retrouver Alice, la clé probable de la disparition de son meilleur ami. Roman noir d’une génération blessée, hantée par la mort, mais aussi récit d’une émouvante renaissance, La vérité sur Fabio est un livre envoûtant, empreint de poésie urbaine et traversé par une tension permanente. Une révélation de la nouvelle littérature italienne.

Pourtant comment concevoir autrement qu’un petit nombre contraint l’ensemble des autres citoyens à obéir aussi servilement ? Comment un homme arrive-t-il à dominer un peuple ? La puissance subversive de la thèse développée dans le Discours ne s’est jamais démentie. Si pour éviter la censure, les exemples sont tirés de l’Antiquité, la réflexion porte bien sur son époque, dans un pays où le poids du pouvoir monarchique se renforce. L’originalité de la thèse de La Boétie est contenue tout entière dans l’association paradoxale des termes  servitude  et  volontaire . Il établit ainsi un modèle de la servitude, des causes de son apparition à celles de son maintien qu’il s’agit d’établir ici. Un point de vue : La Boétie, en énonçant son discours, ne se positionne pas comme maître à penser, ni comme détenteur de la vérité : ceux qui affirment détenir la vérité sont en vérité ceux qui détiennent la maîtrise.

Le Malencontre est un accident tragique, une malchance inaugurale dont les effets ne cessent de s’amplifier au point que s’abolit la mémoire de l’avant, au point que l’amour de la servitude s’est substitué au désir de liberté. Ce qui est désigné ici, c’est bien ce moment historique de la naissance de l’Histoire, cette rupture fatale que constitue dans l’histoire de l’humanité la naissance de l’État. Or, celle-ci est contingente, et non pas inévitable. Car la servitude est contraire à l’état de nature :  Ce qu’il y a de clair et d’évident pour tous, et que personne ne saurait nier, c’est que la nature, premier agent de Dieu, nous a tous créés et coulés, en quelque sorte au même moule, pour nous montrer que nous sommes tous égaux, ou plutôt frères. L’état de nature voudrait donc que les sociétés soient  égalitaires  où personne ne pourrait détenir du pouvoir sur les autres.

C’est-à-dire le contraire de la servitude que connaissent les peuples. La première cause de la servitude est donc l’oubli de la liberté, et la coutume de vivre dans une société hiérarchisée où règne la domination des uns sur les autres. C’est bien le peuple qui délaisse la liberté, et non pas le tyran qui la lui prend. En effet, comment expliquer que les hommes non seulement se résignent à la soumission mais, bien plus, servent avec leur plein consentement ? Ainsi certains hommes seraient même prêts à perdre leur vie pour le tyran. Seule la servitude de l’homme permet au tyran de rester au pouvoir, l’obéissance est un préalable à la violence.

Face à l’individu qui s’est soumis, La Boétie refuse d’opposer les bons princes aux mauvais tyrans. Qu’importe en effet que le prince soit d’un naturel aimable ou cruel : n’est-il pas, de toute manière, le prince que le peuple sert ? S’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Aux questions pourquoi le Malencontre est-il advenu ? Elle concerne, énoncée en termes modernes, l’origine de l’État. Mais rien ne permet à l’auteur de comprendre pour quelles raisons les hommes renoncèrent à la liberté.

L’une des raisons de ce maintien de la servitude est que les tyrans usent de plusieurs stratagèmes pour affaiblir le peuple. D’abord, le peuple est engourdi par le théâtre et les passe-temps ludiques. Le tyran allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude. Il accorde des largesses à son peuple sans que celui-ci se rende compte que c’est avec l’argent même soutiré à ses sujets que ces divertissements sont financés.

Ils font parfois, avant de commettre leurs crimes, de beaux discours sur le bien général et la nécessité de l’ordre public. Mais l’idéologie, les passe-temps ludiques et les diverses superstitions ne peuvent endormir que le  gros populas , et non pas les  hommes bien nés  et cultivés. Ainsi, même sous un régime autoritaire, il y en aura toujours pour résister. Mais la principale raison est qu’une partie de la population se met au service de la tyrannie par cupidité et désir d’honneurs. Ce que j’ai dit jusqu’ici sur les moyens employés par les tyrans pour asservir , n’est guère mis en usage par eux que sur la partie ignorante et grossière du peuple.

Ainsi, si le tyran veut maintenir sa domination, il doit trouver un autre stratagème pour les gens instruits. Ce sont donc les courtisans qui se font les complices de la tyrannie, perdant du même coup leur propre liberté. Certains hommes flattent leur maître espérant ses faveurs, sans voir que la disgrâce les guette nécessairement, devenus complices du pouvoir. La tyrannie s’assimile à une pyramide fondée sur le contrôle social:  cinq ou six ont eu l’oreille du tyran . Une majorité a alors intérêt à la tyrannie. La structure hiérarchique du pouvoir permet d’enfermer la majorité dominée en différents sous-groupes intermédiaires.

Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut, et souvent même, pour le satisfaire, qu’ils préviennent aussi ses propres désirs. Pour sortir de cette domination il faut sortir de l’habitude. L’Homme qui connaît la liberté n’y renonce que contraint et forcé. Mais ceux qui n’ont jamais connu la liberté  servent sans regret et font volontairement ce que leurs pères n’auraient fait que par contrainte.