La ville d’Alger vers la fin du XVIIIe siècle: Population et cadre urbain PDF

Mustafa Kemal portant l’uniforme janissaire traditionnel durant un bal, lors de ses débuts dans l’armée la ville d’Alger vers la fin du XVIIIe siècle: Population et cadre urbain PDF. Les janissaires appartenaient à la classe des  esclaves de la Sublime Porte , qui occupait les postes les plus influents dans l’administration et l’armée. Ils ont commencé en tant que corps d’élite d’esclaves, composé de jeunes garçons chrétiens kidnappés qui ont été forcés de se convertir à islam, et sont devenus célèbres pour leur cohésion interne et leur discipline.


Alger. De la modeste cité berbère à la capitale de province à la fin de la période ottomane, une abondante littérature de voyages nous avait rendu la ville autant exotique que presque familière. Mais la fortune de nombre de faits colportés, repris souvent avec une certaine complaisance par les historiens, laissait percevoir qu’une étude solide était encore à faire. Tal Shuval, s’appuyant sur un important fonds documentaire en arabe, notamment des inventaires émanant de l’administration fiscale, nous présente ici un rare travail d’histoire sociale. À partir de ces sources pour la plupart inédites, l’auteur retrace, méticuleusement, d’une par l’état des populations allogènes ou autochtones d’Alger à la fin du XVIIIe siècle : nombre, composantes, activités et habitat, et en particulier le rôle de ce qu’il appelle la « caste » dominante des janissaires comme sa relation avec les milieux de la guerre maritime (course). Alger compte alors 50 000 habitants. D’autre part, il décrit les structures de la ville, de son cœur regroupant les centres administratifs, militaires, religieux et commerciaux, aux quartiers résidentiels. La période de stabilité que l’on peut percevoir dans la seconde moitié du XVIIIe siècle montre l’arrivée à maturité d’un système politique qui se révélera cependant inadapté aux conditions du XIXe siècle.

Contrairement aux esclaves typiques, ils étaient régulièrement payés. Le corps a été aboli par le sultan Mahmoud II en 1826 lors du Vaka-i Hayriye dans lequel 7 000 janissaires ont été massacrés à Constantinople, 120 000 dans tout le pays sur 140 000 janissaires. Aussi mettent-ils sur pied une armée composée exclusivement d’Européens. Turcs prélèvent ainsi régulièrement en pays conquis de jeunes enfants chrétiens âgés de 10 à 15 ans. La légende veut qu’avant la création de l’ordre des janissaires, Orhan Gazi se rend à la confrérie de Haci Bektas Veli pour lui demander une bénédiction pour sa nouvelle armée. L’ordre des janissaires de confession sunnite depuis leur entrée au devchirmé est largement parrainé par le mouvement Bektachi.

Cette confrérie religieuse influence alors grandement la vie spirituelle de l’élite ottomane, et a un rôle majeur dans l’éducation des futurs janissaires : morale islamique et  esprit de corps . Progressivement, les janissaires forment l’épine dorsale de l’armée en se substituant aux autres types d’infanterie auparavant utilisés par l’armée ottomane. Les janissaires acquirent rapidement un rôle de  garde prétorienne , avec les implications politiques afférentes, notamment dans les crises de succession. Ils deviennent une troupe de plus en plus indisciplinée, qui n’hésite pas à se révolter contre le Sultan : Ils renversent alors leur marmite en signe de rébellion. Cette situation conduit le sultan Mahmoud II à se débarrasser définitivement de ce corps de plus en plus encombrant.