Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie PDF

Ces accords ou inclusions de candidats du FN sont principalement datés de la période 1977 à 1992. En 1991, le Parti républicain les condamnait tout comme le RPR en 1998. Les contrevenants ont cependant encore le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie PDF quelques-uns lors des élections régionales de 1998. L’ancien président de la République tire de cet épisode l’image de l’homme de droite qui s’oppose au Front national.


Le Front national était extrémiste à la naissance : jusqu’à quel point l’est-il encore ? Il est généralement tenu pour populiste : mérite-t-il pleinement cet étiquetage ? Capable de parler avec un certain succès au nom des  » oubliés  » et des  » invisibles  » et ainsi de se référer à des figures sociales, le FN n’est pas seulement une force nationaliste. Porté par la hantise de l’islam, il semble soucieux de se rapprocher des Juifs, et de s’écarter de son lourd passé antisémite – mais n’est-il pas, ici profondément ambivalent ? Ses succès politiques récents dessinent une carte de France inédite, dans laquelle les villes, et même les  » banlieues  » dites  » difficiles  » prennent leur distance avec ce parti, tandis que des pans entiers de son électorat résident aujourd’hui dans des zones périurbaines : cette tendance est-elle appelée à se renforcer ? En retraçant l’histoire de ce parti, l’ouvrage répond entre autres à ces questions en mettant à disposition du lecteur des connaissances précises, documentées et à jour sur le Front national. Et pour comprendre l’installation durable de cette force politique elle-même en changement, il analyse les transformations sociales, politiques, économiques et culturelles de la France. Un ouvrage concis au format poche pour mieux comprendre et pouvoir débattre.

Le FN refuse d’appeler officiellement à voter pour le candidat de gauche. Cependant, Georges Frêche intervint personnellement pour plaider sa cause auprès d’une quinzaine de militants FN où il dénonça les  criminels gaullistes . Frêche, donné perdant, est cependant élu contre le candidat UDR de quelques centaines de voix. UDF, notamment à Toulouse, où il obtient une élue. Dreux :  La seule internationale de style fasciste dans les années 1980, elle est rouge et non pas brune. Il ajoute :  Je n’aurais pas du tout été gêné de voter pour la liste RPR-FN au second tour.

Pour Michel Poniatowski :  Le danger fasciste en France ne vient pas de la droite, il vient de la gauche, dont c’est la vocation de système et de méthode. Il faut donc voter contre les fascistes de gauche. Enfin, Alain Juppé déclare, lors d’un dîner-débat à Royan :  La vérité, c’est qu’un simple gouvernement qui accepte en son sein des ministres communistes, solidaires d’une dictature qui asservit les peuples, n’a de leçon de morale à donner à personne. La cogestion municipale entre droite et FN a lieu jusqu’en 1989. Jean-Pierre Stirbois, numéro 2 du FN, est alors adjoint à la sécurité. En mars 1985, quelques désistements réciproques locaux ont lieu lors des élections cantonales, Jacques Chirac ayant laissé les fédérations RPR agir comme elles l’entendaient.

Des candidats en Provence, qui avaient l’investiture du RPR et de l’UDF, reçoivent également le soutien dès le premier tour du FN, la plupart du temps parce que celui-ci n’a pas encore suffisamment de candidats à présenter. La droite n’a toutefois pas besoin du FN pour être majoritaire à l’Assemblée entre 1986 et 1988. UDF qui s’empare de 10 régions avec la majorité absolue contre 2 seulement pour le parti socialiste. Midi-Pyrénées, les deux pôles gauche-droite hors FN sont à égalité absolue. Finalement, neuf présidents supplémentaires RPR ou UDF sont élus à la majorité absolue dont cinq le sont grâce à l’apport stratégique des voix du FN. En Midi-Pyrénées, la gauche n’a pas de majorité de rechange malgré des discussions engagées et découvertes avec le FN lors d’une rencontre entre quatre responsables socialistes et frontistes à Colomiers en Haute-Garonne.

Finalement, elle ne présentera pas de candidat. Il était par contre impossible mathématiquement pour la gauche, sans s’allier au FN, d’empêcher l’élection de Jean-Claude Gaudin en région PACA ou de Michel Giraud en Île-de-France. Si les présidents de région appliquent bien le programme pour lequel ils ont été élus, un accord de cogestion signé par quatre, puis six d’entre eux accorde au FN une ou deux vice-présidences, ainsi que des postes moins importants. Le 23 septembre de cette même année, Jean Lecanuet déclare sur RMC que rompre les alliances entre la droite et le FN dans les conseils régionaux  serait une absurdité  et  un piège tendu par les socialistes . 1988, le journaliste Éric Zemmour rapporte que Jacques Chirac aurait eu une entrevue secrète avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours, ce qu’il a toujours nié. En fait, il y aurait eu deux rencontres.

Lors de son allocution du 1er mai 1988, Jean-Marie Le Pen ne pouvait plus que déclarer :  Pas une voix pour Mitterrand ! En échange, le FN appelle à voter pour la droite dans presque toutes les autres circonscriptions du pays. En septembre 1988, les propos de Le Pen sur  Durafour crématoire  provoquent les démissions de nombreux anciens élus de droite qui avaient rallié le FN, à l’instar de François Bachelot ou de Pascal Arrighi. Lors des élections municipales de mars 1989, la droite accueille des membres du FN sur ses listes dans au moins 28 villes de plus de 9 000 habitants. Vitrolles, la liste de droite compte un membre du FN, présent sur la liste à titre individuel. Fin 1991, les partis de droite condamnent officiellement toute alliance, nationale ou locale, avec le FN. Cela est concomitant avec l’effondrement de la gauche, la droite et le centre-droit étant assez puissants seuls pour pouvoir remporter des élections.

En Franche-Comté, Pierre Chantelat, le président sortant du Conseil régional est réélu en sollicitant les voix des quatre élus du Front national, qui obtinrent ainsi une vice-présidence. Dans le Nord-Pas-Calais, la droite ne peut prendre la région qu’avec l’appui du FN et d’une partie des écologistes. PS-PC sauve la majorité de gauche. En Alsace, aucune majorité de rechange ne peut contrer la réélection facile de Marcel Rudloff qui bénéficie même du ralliement de deux représentants régionalistes d’Alsace d’abord.