Le grand répertoire : Machines de spectacle PDF

L’analogie comme « preuve » du réel ? Qu’est ce qu’un documentaire finalement ? Le référent le grand répertoire : Machines de spectacle PDF donc toujours concret.


Concepteur et constructeur de décors et machineries, François Delarozière explore depuis une vingtaine d’années l’art du mouvement. Spécialisé dans le théâtre de rue et intimement associé, dès 1983, à l’aventure de la compagnie Royal de Luxe, il est aujourd’hui un créateur accompli et une référence pour ses pairs. L’exposition et le livre Le Grand Répertoire dont il est l’instigateur posent un regard renouvelé sur quatre-vingt
machines de théâtre. Un concentré d’âme et de mécanique, d’aventure collective et de recherche personnelle, de matière et de poésie. Car la structure d’une machine n’est jamais anodine. Les matières parlent entre elles, et confèrent à l’objet sa justesse, sa profondeur, son réalisme. Dans le choix des matériaux et de la forme, il est question d’éthique et de plaisir. C’est en grande partie ce choix qui donne du sens à son travail
Et bien sûr, au cœur de la démarche de François Delarozière, le mouvement s’avère fondateur. C’est par lui que s’insère la vie, offrant une dimension nouvelle à l’objet. Sans mouvement, le temps et les cycles ne s’incarnent pas. Il n’y a ni vitesse ni lenteur. Et donc pas d’histoire. Chef de bande, François Delarozière adore les histoires… surtout communes. Il possède le sens du partage. Mieux que ça, il en a l’impératif besoin. Ça tombe bien, l’art n’est que nécessité. (Christine Amara

La question porte alors sur le statut de ce référent par rapport au réel. Est-ce que l’utilisation d’un projecteur, pour éclairer une scène dans un documentaire, nous fait quitter le genre ? Il est impossible de dire de manière absolue si on est dans le documentaire ou la fiction. C’est à dire que les constituants visuels ou sonores ne nous permettent pas, à eux seuls, de situer le film dans le genre documentaire ou non. Sémiologiquement on peut, tout au plus, formuler des appréciations en terme de probabilité. En l’absence de certitude sur un objet, la notion de signes dominants devient alors pertinente.

On ne peut pas, non plus, distinguer le documentaire de la fiction par l’analyse de la construction énonciatrice : structure du montage, présentation chronologique et spatiale des objets et personnages, etc. Dans le documentaire, le statut d’auteur et de narrateur sont généralement confondus. Le propos de l’auteur l’engage, il ne peut se retrancher derrière un narrateur fictif. Tout film de fiction apporte un contenu informatif sur l’histoire, les lieux, les personnages. C’est un peu comme le dessin d’une plante ou d’un champignon qui est toujours plus ressemblant qu’une vraie photo, car il concentre les traits les plus caractéristiques.

Nous avons acquis, par exemple, une certaine représentation de certains pays allant jusqu’à maints détails sans y être jamais allé, et cela pour l’essentiel par la vision de films de fiction. Par ailleurs, si les films de fiction n’avaient pas quelque chose à voir avec le réel, ils ne susciteraient pas les polémiques ou les débats de société que souvent ils suscitent. Et plus généralement encore, si nos rêves ne sont pas la réalité, notre imaginaire lui fait partie de notre réalité. Inversement tout film documentaire contient une partie de jeu, de mise en scène. Filmer le réel ce n’est pas donner du réel à voir mais donner à voir une représentation du réel. Il suffit d’ouvrir un programme télé ou de lire une programmation cinéma pour s’en rendre compte.