Le Jardin des supplices PDF

Le Jardin des supplices est un roman français d’Octave Mirbeau, paru chez Charpentier-Fasquelle en juin 1899. Ce roman, publié au plus fort de l’affaire Dreyfus, à la veille du procès d’Alfred Dreyfus à Rennes, résulte d’un bricolage de textes conçus indépendamment le Jardin des supplices PDF uns des autres, à des époques différentes, en des styles différents et avec des personnages différents.


Ironiquement, le romancier dreyfusard a dédié cette œuvre « Aux Prêtres, aux Soldats, aux Juges, aux Hommes, qui éduquent, dirigent, gouvernent les hommes, ces pages de Meurtre et de Sang ». Ce roman, publié au plus fort de l’affaire Dreyfus, à la veille du procès d’Alfred Dreyfus à Rennes, résulte d’un bricolage de textes conçus indépendamment les uns des autres, à des époques différentes, en des styles différents et avec des personnages différents. On trouve tout d’abord des articles sur la « loi du meurtre » : ils constituent le Frontispice du roman, qui présente une discussion d’après-boire entre intellectuels positivistes. Puis vient En mission, première partie d’une narration orale intitulée Le Jardin des supplices : il s’agit d’une caricature grotesque des milieux politiques français de la Troisième République, où l’on voit l’anonyme narrateur, petit escroc de la politique devenu compromettant pour son ministre de tutelle, se faire envoyer à Ceylan sous le prétexte farcesque d’une mission d’embryologiste… Dans la troisième partie du roman (deuxième partie de cette narration, également intitulée Le Jardin des supplices), nous avons droit au récit d’une visite du bagne de Canton. Extrait : — Pourtant, il est certain qu’ils sont anthropophages ?… persista le gentilhomme… — Les nègres ? protesta l’explorateur… Pas du tout !… Dans les pays noirs, il n’est d’anthropophages que les blancs… Les nègres mangent des bananes et broutent des herbes fleuries. Je connais un savant qui prétend même que les nègres ont des estomacs de ruminants… Comment voulez-vous qu’ils mangent de la viande, surtout de la viande humaine ? — Alors, pourquoi les tuer ? objectai-je, car je me sentais devenir bon et plein de pitié. — Mais, je vous l’ai dit… pour les civiliser. Et c’était très amusant !… Quand, après des marches, des marches, nous arrivions dans un village de nègres… ceux-ci étaient fort effrayés !… Ils poussaient aussitôt des cris de détresse, ne cherchaient pas à fuir, tant ils avaient peur, et pleuraient la face contre terre. On leur distribuait de l’eau-de-vie, car nous avons toujours, dans nos bagages, de fortes provisions d’alcool… et, lorsqu’ils étaient ivres, nous les assommions !… — Un sale coup de fusil ! résuma, non sans dégoût, le gentilhomme normand, qui, sans doute, à cette minute, revoyait dans les forêts du Tonkin passer et repasser le vol merveilleux des paons…

Ce mélange des tons et les multiples transgressions des codes de vraisemblance, de crédibilité romanesque et de bienséance contribuent à brouiller les repères littéraires et éthiques des lecteurs et à les mettre mal à l’aise en les déconcertant. Une très infidèle et très mélodramatique adaptation théâtrale du roman a été réalisée par Pierre Chaine et André de Lorde et représentée au théâtre du Grand-Guignol le 28 octobre 1922. Une adaptation cinématographique, tout aussi infidèle, a été réalisée par Christian Gion en 1976, avec Roger Van Hool et Ysabelle Lacamp. Octave Mirbeau, Le Jardin des supplices, Éditions du Boucher, 2003. Pierre Michel, Préface du Jardin des supplices. Yannick Lemarié,  Le Jardin des supplices : l’envers du décor , préface du Jardin des supplices, Éditions La Piterne, 2017. Ioanna Chatzidimitriou,  Le Jardin des supplices et les effets discursifs du pouvoir , Cahiers Octave Mirbeau, no 14, p.

Louise Lyle,  Charles Darwin dans Le Jardin des supplices , Cahiers Octave Mirbeau, no 14, mars 2007, p. Claire Margat,  Ensauvager nos jardins , in Les Carnets du paysage, été 2003, p. Claire Margat,  Supplice chinois in French Literature : From Octave Mirbeau’s Le Jardin des supplices to Georges Bataille’s Les Larmes d’Éros , site Internet de Turandot, septembre 2005. Claire Margat,  Le supplice du rat, fleuron du Jardin des supplices , Turandot, septembre 2005. Pierre Michel,  Le Jardin des supplices : entre patchwork et soubresauts d’épouvante , Cahiers Octave Mirbeau, no 3, 1996, p. Jean-Luc Planchais,  Clara : supplices et blandices dans Le Jardin , Cahiers Octave Mirbeau, no 8, 2001, p.

Gianna Quach,  Mirbeau et la Chine , Cahiers Octave Mirbeau, no 2, 1995, p. Reverzy,  D’une poétique mirbellienne : Le Jardin des supplices , Cahiers Octave Mirbeau, no 3, 1996, p. Fabien Soldà,  Le Jardin des supplices : récit d’une initiation ? Cahiers Octave Mirbeau, no 2, 1995, p. Fabien Soldà,  Mirbeau et Baudelaire : Le Jardin des supplices ou Les Fleurs du mal revisitées , Cahiers Octave Mirbeau, no 4, mai 1997, p. Robert Ziegler,  Utopie et perversion dans Le Jardin des supplices , Cahiers Octave Mirbeau, no 11, 2004, p. Rechercher les pages comportant ce texte.

La dernière modification de cette page a été faite le 25 décembre 2018 à 18:53. Jump to navigation Jump to search Rat torture is the use of rats to torture a victim by encouraging them to attack and eat the victim alive. The « Rats Dungeon », or « Dungeon of the Rats », was a feature of the Tower of London alleged by Roman Catholic writers from the Elizabethan era. During the Dutch Revolt, Diederik Sonoy, an ally of William the Silent, is documented to have used a method where a pottery bowl filled with rats was placed open side down on the naked body of a prisoner. Rat torture appears in the famous case study of a patient of Sigmund Freud.