Lectures de Nietzsche PDF

Du vivant de Nietzsche, sa pensée fut lectures de Nietzsche PDF d’abord en Scandinavie, par Georg Brandes — le  découvreur  de Nietzsche qui fit des conférences sur lui en 1888 —, et par August Strindberg. France, mais les débuts de la traduction de son œuvre par Henri Albert dans la revue Mercure de France commence seulement en 1898. Le même phénomène se produit en Italie, en Pologne, en Russie et en Angleterre.


Un guide de lecture raisonné était nécessaire pour aider à évaluer aujourd’hui, un siècle après la disparition de Friedrich Nietzsche (1844-1900), cette oeuvre philosophique au retentissement si profond, d’une importance cruciale pour la modernité. Lectures de Nietzsche réunit en ce sens un ensemble d’études critiques en français, pour partie inédites, pour partie déjà publiées et célèbres, comme celle de Michel Foucault, « Nietzsche, la généalogie, l’histoire », qui aident à prendre la mesure de cette pensée dans son ampleur thématique, sa cohérence, ses implications. Le volume permet ainsi d’aborder avec rigueur et méthode les principaux aspects de cette philosophie : la nature et les enjeux de la pensée généalogique, l’interprétation de la vie comme volonté de puissance, la pensée de l’éternel retour ; partant, les profonds bouleversements théoriques opérés dans les domaines de la psychologie, de la morale, de la politique, de la métaphysique ; mais aussi le rapport très complexe aux diverses traditions philosophiques. Enfin, l’accent est mis sur la question même de l’écriture du texte nietzschéen, si singulière, et, symétriquement, sur celle du mode de lecture nouveau qu’il appelle.  Textes de Jean-François Balaudé, Henri Birault, Eric Blondel, Jeanne Champeaux, Yannis Constantinidès, Michel Foucault, Richard Roos, Patrick Wotling.

En revanche, sa philosophie intéresse peu les philosophes. Dans les années 1930, les œuvres de Nietzsche furent récupérées par les nazis et les fascistes italiens. Elles devinrent ensuite, dans les années 1960, une référence pour de nombreux intellectuels français. Pendant cette période, cette influence concerne surtout la philosophie continentale.

Colli-Montinari, tous les commentateurs purent accéder aux carnets de Nietzsche, au lieu de recourir à des éditions de fragments posthumes qui ne respectaient pas l’ordre chronologique, et qui se présentaient parfois comme l’œuvre inachevée de Nietzsche qu’il n’aurait pas eu le temps de terminer. Néanmoins, il est connu et apprécié de quelques personnes avant cette période. En 1874, Gabriel Monod écrit deux comptes-rendus dans une revue française. Nietzsche correspond de 1886 à 1888 avec Hippolyte Taine qui s’efforcera à le faire connaître en France. Au Danemark, en 1888, Georg Brandes consacre des conférences au  radicalisme aristocratique  de Nietzsche. C’est un fait curieux dont j’ai peu à peu pris conscience.

J’ai une certaine  influence  — souterraine bien sûr. Les années 1890-1894 voit ce que Mazzino Montinari a appelé l’  explosion de la renommée  de Nietzsche. Nietzsche devient rapidement un auteur majeur pour les intellectuels des classes moyennes et un penseur symptomatique de l’Allemagne posant des problèmes typiquement allemands. Si des opposants voient en lui un  slave  ou un  polonais  étranger à la  germanité , Nietzsche est perçu dans l’ensemble comme un penseur dont le destin est lié à celui de son pays.

Ce lien supposé à la  nature  et au destin de la culture allemande fait de Nietzsche un objet de culte. La libération et l’affirmation du moi et la formule de Nietzsche  Deviens ce que tu es  trouvent donc un public préparé à ce genre d’idées. Oswald Spengler écrira qu’il approuvait les idées de Nietzsche avant même de l’avoir lu. Cette réception n’est cependant pas unanimement favorable, puisque le marxiste Franz Mehring verra en Nietzsche un  philosophe du capitalisme , critique qui préfigure celle du hongrois Georg Lukács. Après l’Allemagne, la France est le pays où la réception des œuvres de Nietzsche a donné lieu au plus grand nombre de livres, d’articles et de traductions. L’identité de l’auteur de ces notices n’est cependant pas certaine. Si Monod critique vivement le style de Nietzsche, il en apprécie la verve et en recommande le fond.