Manifeste pour les grands singes : Nature & environnement PDF

Please forward this error screen to ns7. Conduite par le manifeste pour les grands singes : Nature & environnement PDF Philip Zimbardo, elle est connue aujourd’hui sous le nom d’expérience de Stanford. L’objectif consistait à comprendre comment et pourquoi les situations arrivaient à se dégrader dans les prisons militaires. Trois cellules contenant chacune trois détenus avaient été aménagées dans le sous-sol du bâtiment de psychologie, où les gardiens, divisés en équipes de trois, devaient se relayer toutes les huit heures.


Aucune famille de mammifères n’est aujourd’hui plus menacée
que celle des grands singes. Les populations de gibbons,
gorilles, orangs-outans, bonobos et chimpanzés déclinent à un
rythme effréné, au fur et à mesure de la destruction de leur
milieu de vie: les forêts tropicales. Or celles-ci sont abattues et
exploitées pour le bois ou des plantations industrielles, tel le
palmier à huile. Ce pillage ruine la biodiversité et chasse les
populations autochtones. Pour mesurer les chances de survie
des grands singes, il faut pénétrer les mécanismes de
l’économie planétaire, prendre en compte le boom industriel
chinois, les politiques nationales de déforestation, les voies
souvent frauduleuses du commerce. Il faut résolument y
impliquer nos propres habitudes de consommation. Ce livre
rend compte des succès mitigés des accords internationaux
pour sauver les espèces en péril et dresse l’inventaire des
actions régionales entreprises en Afrique et en Asie pour
sauver les grands singes, in extremis, si c’est encore possible.

Les chercheurs leur avaient déniché des uniformes kaki dans un surplus de l’armée, ainsi que des lunettes de soleil à verres réfléchissants, destinées à éviter le contact visuel avec les étudiants-prisonniers. Chaque étudiant avait donc subi l’arrestation, la prise des empreintes digitales et des fameuses photos de face et de profil, avant d’être conduit  en prison . Pourtant, il ne se passa rien de spécial la première journée. Ils se sentaient gauches dans leurs uniformes. On est au matin du deuxième jour et tout va basculer.

Au moment de la relève, les prisonniers retirent le bas qu’ils avaient sur la tête, arrachent leur numéro et se barricadent dans leurs cellules en mettant leurs matelas contre la porte. Les trois gardiens du matin appellent en renfort les trois gardiens de l’après-midi, qui viennent, tandis que les trois gardiens de nuit restent. Tullius Détritus, le méchant de l’album d’Astérix La Zizanie paru juste un an avant l’expérience de Stanford, n’aurait pas renié la stratégie adoptée par les gardes. Ceux-ci vont diviser les prisonniers en deux camps, les  bons , choyés, bien nourris, et les  mauvais , brimés, afin de créer des clans et de briser leur solidarité. Puis, ils vont mélanger de nouveau les détenus afin que les  privilégiés  passent pour des informateurs. Mais cela ne va pas s’arrêter là.

Quand on leur demande s’ils sont prêts à quitter la prison en renonçant à leur  salaire  de cobayes, la plupart disent oui, inconscients qu’il leur suffirait de demander à mettre fin à l’expérience pour que celle-ci s’arrête ! L’expérience de Stanford a montré d’une manière spectaculaire et brutale que l’on pouvait en quelques jours transformer de jeunes hommes équilibrés et en bonne santé en loques ou en gardiens zélés, ouvertement sadiques pour certains. Cette expérimentation s’arrêta le 20 août 1971, au bout de seulement six jours sur les deux semaines prévues à l’origine. Sur son site, Philip Zimbardo explique qu’il y a eu deux causes à cette fin prématurée. Mais c’est sans doute grâce à Christina Maslach, la future Madame Zimbardo, que le calvaire des prisonniers et la dérive de leurs geôliers se sont achevés.

Christina Maslach venait de soutenir sa thèse de doctorat et s’en fut visiter  l’expérience  un soir. Elle vit les détenus enchaînés, un sac en papier sur la tête, se faire hurler dessus par les gardes. Les larmes lui vinrent aux yeux, elle ne put supporter le spectacle et sortit du bâtiment, poursuivie par son petit ami. Lorsque le scandale des tortures pratiquées par des militaires américains dans la prison irakienne d’Abou Ghraïb a éclaté en 2004, tous ceux qui avaient participé à l’expérience de Stanford se sont rappelé ce qu’ils avaient vécu, un été de 1971, sur le campus de l’université. L’étude avait à l’époque reçu l’aval du Comité sur la recherche sur des sujets humains.