Pardès, N° 46 : Sortir d’Egypte PDF

Cor du jour de la sonnerie, phylactères de prière et quatre espèces. Il marque l’histoire du monde pardès, N° 46 : Sortir d’Egypte PDF l’émergence du monothéisme, croyance héritée par les christianismes et les différentes formes d’islam dont le développement historique a fini par marginaliser le judaïsme. Question de Halakha : Quelles sont les conditions pour dire qu’une personne est juive ?


L’expérience fondatrice d’Israël se tient entre la sortie d’Egypte et l’entrée en Terre Promise, dans cet espace où la Tora est donnée dans une rencontre inédite de tout un peuple avec la transcendance. Comment penser ce moment paradoxal, qui se situe entre deux terres, dans le mouvement entre une sortie et une entrée ? En effet, le récit de la sortie d’Egypte a ceci de caractéristique qu’il pense le fondement comme une sortie et non comme une installation. Dès lors, la sortie d’Égypte est en même temps une entrée sur une terre qui est encore au-delà du regard, la Terre Promise : « la terre que je te ferai voir » est-il dit exactement à Abraham. Quelles symboliques sont associées à l’Egypte? Si l’on se rappelle que la pensée prophétique n’aura de cesse de mettre en garde Israël contre la tentation du retour en Egypte, on peut se demander quel rôle celle-ci joue dans la conscience biblique. Un premier axe de réflexion concerne donc le moment de la sortie d’Egypte à proprement parler. Mais la sortie d’Egypte n’ouvre pas sur un néant : pendant 40 ans, les Hébreux vont marcher dans le désert, se dirigeant vers la terre qui avait été promise à Abraham, une terre qui se tient alors au-delà du regard. C’est autour de celle-ci que se déploie le second axe de réflexion. De quelle nature est cette terre dont la vision précède la vue, qui ne s’expose pas totalement au regard ? Que se passe-t-il quand le regard surgit dans la vision ? Entre sortie d’Égypte et entrée sur la Terre Promise, une réflexion féconde sur l’expérience fondatrice d’Israël.

YHWH, Abram, renommé Abraham, connaîtra la bénédiction en toutes choses ainsi qu’une descendance populeuse qui habitera la terre foulée par le nomade. Inconditionnellement accepté jusqu’à l’ère moderne, le modèle biblique est sévèrement critiqué depuis lors. La Bible aurait ainsi permis de fédérer ces ethnies disparates autour d’un seul dieu et surtout d’un seul roi, Josias, le roi-oint de la maison de David, qui réunirait en lui les qualités des héros légendaires de la Bible. Josias, est remplacé après la mort de ce dernier par un récit plus prudent, moins soucieux de victoires que de préservation de l’identité nationale en cas de défaite.

Judéens et Antiochus IV des Séleucides, qui a voulu supprimer les mœurs judéennes. Judéens et bien que leurs pratiques soient critiquées. Sur le plan des idées, l’ère du Second Temple est d’ailleurs l’une des plus morcelées de l’histoire du judaïsme. Une femme nue dans un cours d’eau tient un panier. Derrière elle, sur la berge, se tiennent des femmes habillées. La chute du second temple à l’issue de la révolte juive contre Rome, cause un profond traumatisme à travers les communautés judéennes de par le monde.

Les partisans de ces deux mouvements devenus dominants  vont se considérer comme un peuple, renvoyant dos à dos la manière d’être judéen et d’être grec , chacun se proclamant le  véritable Israël  en rejetant radicalement l’autre. Chacun constitue son canon littéraire, affirme progressivement sa doctrine et élabore son hérésiologie. Juda Hanassi, président du Sanhédrin, compile les traditions orales sur la loi en six ordres comportant 63 traités, canonisant de fait la loi orale sous le nom de Mishna. Sous la domination byzantine, la Palestine voit sa population juive décroître. Les grandes institutions rabbiniques sont spécifiquement ciblées, et le Sanhédrin qui décrétait le début du mois et l’ordination de nouveaux rabbins, s’affaiblit avant de disparaître. De leur côté, les rabbins de Babylonie se livrent à leurs propres interprétations de la Mishna dans une atmosphère relativement plus sereine et complètent le Talmud de Babylone deux siècles plus tard. Leur Talmud s’approfondit particulièrement sur les questions de droit civil, et se désintéresse relativement des lois agricoles, de culte ou de pureté rituelle qui ne se posent pas entre le Tigre et l’Euphrate.

La conquête arabo-musulmane, qui permet aux deux centres de prospérer, n’inverse pas la tendance. Ce mouvement qui s’illustre principalement par des commentaires bibliques rédigés à l’aune de la grammaire et de la raison, sans mentionner dans la plupart des cas les traditions rabbiniques sinon pour les critiquer, aurait séduit à son apogée près de la moitié des communautés juives d’Orient. Le judaïsme rabbinique se voit également menacé par l’assimilation des Juifs aisés de Bagdad dans la civilisation arabo-musulmane. Le déclin des académies babyloniennes au profit de communautés indépendantes, ouvre une nouvelle ère dans l’histoire du judaïsme : elle voit l’essor de deux centres situés aux confins du monde juif, nommés Sefarad et Ashkenaz d’après Abdée 1:20 et Genèse 10:3 respectivement. L’œuvre de Maïmonide aura un fort retentissement en Orient, en particulier au Yémen, mais elle n’ira pas sans provoquer des controverses animées dans le reste du monde juif. Sur le plan des lois, on lui reproche d’avoir énoncé la loi selon sa propre opinion, et de vouloir se substituer à mille ans de lois et enseignements.