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Le Gazetier cuirassé, libelle de Théveneau de Morande. Un libelle est un petit livre petit Futé Paris seniors PDF caractère satirique, insultant ou diffamatoire. Le mot libelle, conformément à son étymologie libellus :  petit livre , ne comportait pas, à l’origine, une idée défavorable, ne désignant qu’un écrit d’une exposition courte, rapide, précise.


Le libelle politique peut être rapproché du pamphlet, bien qu’il n’en ait pas forcément la violence, le libelle littéraire, de l’épigramme. Voltaire distingue libelles politique, religieux et littéraire. On nomme libelles de petits livres d’injures. Ces livres sont petits, parce que les auteurs ayant peu de raisons à donner, n’écrivant point pour instruire, et voulant être lus, sont forcés d’être courts. Avec l’évolution du terme  libelle , peu à peu le sens d’accusation a dominé, puis celui d’accusation scandaleuse et même de mensonge.

On entend aujourd’hui par libelle un écrit essentiellement diffamatoire, souvent calomnieux et, en général, anonyme : l’arme de la méchanceté et de la lâcheté. L’époque de la Ligue fut très féconde en libelles, dont quelques-uns couronnaient la calomnie par l’appel à l’assassinat. Ceux de la Fronde ne furent pas moins nombreux que ceux de la Ligue, mais ils furent moins meurtriers. Les mazarinades en offrirent par milliers. Les querelles des jésuites et des jansénistes n’ont pas eu souvent d’autres armes que le libelle. Fréron, Linguet, Nonnotte, La Beaumelle, etc. Une véritable coterie se monte contre Marie-Antoinette d’Autriche dès son accession au trône, des pamphlets circulent, d’abord de courts textes pornographiques puis des libelles orduriers.

Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II. Elle y est clouée au pilori comme une nymphomane perverse et insatiable et bien vite la certitude de son insatiable érotisme se répand. Quand le journal fut entré dans les mœurs politiques, le libelle fut remplacé par la polémique périodique qui, dans les temps de troubles, n’est ni plus sincère ni moins injurieuse. L’art de diffamer devint une profession bien payée, sinon considérée, et protégée au besoin par l’épée du spadassin.

En dehors du journalisme, le libelle changea de nom : abjurant la calomnie et l’anonymat, il devint le pamphlet. Mais bien d’autres firent des pamphlets qui ajoutèrent à leur notoriété ou à leur gloire. Sous l’Empire, les écrits injurieux contre le souverain tombaient sous le coup de la loi de lèse-majesté. Libelles et pamphlets furent souvent poursuivis par les lois, impuissantes contre eux quand l’opinion leur était favorable. Sous le second Empire, qui n’admettait pas la preuve du fait et qui, par un effet de la jurisprudence protégeait à la fois les vivants et les morts, tout écrit médisant était soumis à la loi sur la diffamation. En suivant l’étymologie, libellus, diminutif de liber. Cité par Philippe Roussin,  Critique et diffamation chez Pierre Bayle  in Critique et affaires de blasphème à l’époque des Lumières, Honoré Champion, Paris, 1998, p.

Ramus ou La Ramée, avec quelques observations utiles sur les persécuteurs, les calomniateurs, et les faiseurs de libelles. Jean-Michel Carrié, Noël Duval, Charlotte Roueché, De aedificiis, Brepols, 2001, p. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Venise, Petit Futé, 2013, p. Martin Luther, son œuvre écrite , in: Musée virtuel du protestantisme, en ligne. Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Mémoires sur la librairie, Imprimerie nationale éditions, 1994, p.

Georges Minois, Censure et culture sous l’Ancien Régime, Fayard, 1995, 336 p. Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette, Perrin, 2005, 230 p. Colporter la révolution, Bibliothèque Robert Desnos, 1989, p. Lucien Bély, Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV, Fayard, 1990. Michel Delon,  Subversion littéraire, subversion politique : des Lumières à la Révolution , in Universalia, 1992, p. Robert Darnton, Le diable dans un bénitier. L’art de la calomnie en France, 1650-1800, Gallimard , 2010, 695 p.