Pourquoi avoir fait de Mayotte le 101e département français ? PDF

Carte de Mayotte datant de 1894. Mayotte est une île de l’archipel des Comores, situé au milieu du canal pourquoi avoir fait de Mayotte le 101e département français ? PDF Mozambique. Seule la recherche archéologique, débutée depuis les années 1970, permet de documenter les premiers siècles du peuplement de l’île.


La transformation de Mayotte en département le 31 mars 2011 a été largement incomprise : en pleine crise économique, quelle peut-être l’utilité pour la France de conserver ce territoire dépourvu de richesses naturelles et confronté à une forte pression migratoire ? Cet ouvrage s’attache à expliquer cette évolution qui fait de Mayotte le 101e département français ; tout en s’interrogeant sur notre rapport aux valeurs de la République, aux principes d’égalité, de laicité et de développement.

Ils apportent la preuve que très tôt, Mayotte est en relation avec le reste de l’océan Indien, en tant que véritable plaque tournante entre l’Afrique swahilie et Madagascar. Mozambique était déjà connue, notamment pour la chasse des tortues de mer alimentant le commerce de l’écaille. Un peuplement saisonnier par des pêcheurs d’origine africaine est donc envisageable dès le début du premier millénaire de notre ère. Si l’arrivée d’Austronésiens se comprend par leur volonté de commercer avec l’Afrique, la présence bantoue serait le résultat soit de migrations volontaires venues coloniser l’ensemble comoro malgache, soit les signes d’une traite ancienne du fait des Austronésiens.

La superficie et la taille de certains dépotoirs témoignent d’une concentration humaine très élevée. Les lingots de fer ainsi produits étaient destinés au monde indien et au Moyen Orient. Irak, d’Égypte et de Perse pour la confection d’objets de luxe. Ces activités expliquent l’incroyable prospérité du site où des objets originaires de Madagascar, du Moyen Orient et même de Chine ont été retrouvés en quantité. Quant à l’origine des Dembéniens, on s’accorde à reconnaître dans leur culture les caractéristiques des populations austronésiennes ou « proto malgaches » bien que certains indices trahissent une présence bantoue. Ce site, malheureusement attaqué par l’urbanisation, n’a pas livré tous ses secrets : aucune sépulture n’y a été encore découverte et l’on ignore encore par conséquent si les Dembéniens étaient islamisés.

Madagascar et réduisent l’archipel des Comores au seul rôle d’escale. L’élevage du zébu, déjà présent lors de la période Dembéni, se généralise: nombre de ces enclos villageois sont des enclos pastoraux. Ainsi, la constitution de cheptel, maîtrise du commerce et islamisation participent à l’apparition d’une aristocratie. Comores en sultanats : l’époque des Fani. Ce terme désigne les chefs, hommes ou femmes, islamisés et dirigeant l’espace villageois, entité politique alors indépendante. Ces nouvelles influences transforment profondément la société qui adopte le même mode de vie que les populations swahili de la côte africaine.

Les rivalités entre ces localités et peut-être déjà entre les îles, se traduisent par la multiplication des sites fortifiés. Les principales localités d’alors sont Mtsamboro, Acoua, Tsingoni, Bandrélé qui connaissent un fort développement et amorcent un processus d’urbanisation. Minaret de la Mosquée de Tsingoni, la plus ancienne mosquée en activité de France. Si la mosquée remonte au moins au XVIe siècle, le minaret est bien postérieur.

Mayotte, d’une part parce que la recherche archéologique est encore très insuffisante dans ce domaine et d’autre part parce que les édifices religieux de cette époque étaient construits en matériaux périssables et n’ont donc laissé peu de traces visibles pour orienter une fouille archéologique. Tsingoni est aujourd’hui acquise grâce à une inscription conservée dans son mihrab. Les mosquées anciennes de l’île présentent les mêmes grandes caractéristiques empruntées à l’architecture religieuse swahili elle-même copiée des mosquées du Hadramaout : une salle de prière avec mihrab encadré par deux couloirs latéraux accessibles par une cour où est placé un bassin pour les ablutions. Ces mosquées n’ont pas de minaret et, de taille modeste, ne peuvent accueillir qu’une cinquantaine d’hommes. La société d’alors, est dominée par l’aristocratie Fani. Cosmopolite, elle est le fruit du brassage entre l’ancienne aristocratie et les nouveaux clans. L’essentiel de la population n’en reste pas moins composée d’esclaves qui ont grandement contribué à peupler et mettre en valeur l’île.

Moyen-Orient via les Comores et les cités swahili. Comores importent aussi des esclaves africains. 1521 par Piri Reis est une spécialité déjà ancienne des Comores. Il s’agit de la liste la plus complète connue à ce jour. Découverte en 1979, elle fut étudiée et publiée par Claude Allibert et Saïd Inzoudine. 1 : Deux Fani sont ainsi connus pour les villages de Bandrélé et Shungi.