Quand j’étais méchant PDF

Identité quand j’étais méchant PDF altérité : du soi-niant au soignant. Un individu, c’est le chat chez les chats, le chien chez les chiens. Sans similitude, l’individu serait inclassable, impossible à identifier.


J’ai changé.
Moi aussi.
Avant j’étais méchant.
Et puis un jour j’ai fait la liste des gens qui me détestaient : Raël, Elizabeth Teissier, Julien Courbet, Charles Villeneuve, Ernst de Hanovre, Patrick Balkany. Que des pointures, des épées, des humanistes.
Comment peut-on être méchant avec ce who’s who de la qualité et de la dignité humaine ?

Plus sérieusement, en entendant un jour Massimo Gargia m’allumer dans une émission, j’ai ressenti comme un vertige. Ainsi donc, mon existence artistique se limiterait aux rancœurs d’un vieux gigolo adipeux ? Ce jour-là, j’ai décidé de descendre de la bétaillère.

Voici le témoignage de ce passé révolu. Méfiez-vous, ça pue le fumier.

La capacité à s’intégrer est donc cruciale, et fait toute la difficulté à arriver à une vision singulière de soi-même. C’est pourquoi les relations avec l’entourage sont déterminantes : elles constituent une composante essentielle de l’identité. On voit l’enjeu moral : comment attacher de la valeur à sa propre autonomie, à sa dignité, et ne pas se référer uniquement à l’opinion existante ni accepter d’instruction des autres, si l’on n’est soi-même qu’en tant qu’on est comme les autres ? Il y a une séparation qui permet d’être soi, puisque c’est dans sa singularité qu’un être reconnaît son existence propre et prend conscience de lui-même comme d’une chose ne pouvant être confondue avec aucune autre. Mais il reste toujours en chacun une conformité indéniable : on est parmi ses semblables. Chaque conscience est double : chacune effectue un travail de séparation, en trouvant sa singularité dans la différenciation -mais cette différenciation succède à l’identification, qui détermine l’existence même de tout un chacun. Se donner un genre, c’est se donner une existence.

Trouver son style, c’est se trouver similaire. Et l’ego, quoiqu’humilié à force de devoir se conformer aux autres, est d’autant plus fort qu’il est obligé de se redéfinir encore et encore dans quantité de conditions différentes, en jouant de nouveaux rôles. Il est bon d’avoir des repères, et la plupart sont déjà donnés par les autres, auxquels il s’agit de s’identifier. Faute de savoir quoi faire en étant singulier, on joue donc la conformité.