Quand les tout-petits apprennent à s’estimer PDF

De quels traitements sommes-nous les proies ? Culture du livre et culture des écrans : l’indispensable complémentarité Le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron qui a activement participé à l’élaboration de ce rapport est longuement revenu sur les raisons qui expliquent l’affrontement de deux cultures auquel nous assistons actuellement : celle du livre et celle des écrans. L’être humain a inventé l’écriture quand les tout-petits apprennent à s’estimer PDF le livre puis les écrans et la culture qui leur est liée.


L’estime de soi concerne tous les âges. Quoi de mieux que de s’y attarder le plus tôt possible ! Le guide Quand les tout-petits apprennent à s’estimer… présente les principales notions théoriques concernant les besoins et l’estime de soi des jeunes enfants. Basé sur des objectifs et des attitudes éducatives spécifiques, il favorise le développement des sentiments de confiance, d’appartenance et de réussite ainsi que la connaissance de soi chez les enfants d’âge préscolaire. Mettant de l’avant un contenu concret et une iconographie amusante, cet ouvrage contient une cinquantaine d’activités d’animation clairement présentées et plusieurs dessins à reproduire. Il s’adresse particulièrement aux étudiants, éducateurs et intervenants des domaines du service de garde et de la petite enfance, mais également aux parents.

Si nous avons inventé les écrans, c’est certainement parce que le support du livre ne suffisait pas à satisfaire nos attentes. La culture du livre est une culture de l’Un, alors que la culture numérique est une culture du multiple, explique le psychiatre. La culture du livre implique de lire un livre à la fois, un seul lecteur et un seul auteur. Chaque tâche est unique et elle implique de réaliser une seule tâche à la fois. La relation au savoir est verticale : le livre  sachant  s’adresse à l’ignorant dans un dialogue privilégié. La culture des écrans, c’est tout le contraire.

Le passage d’une culture à l’autre joue également un rôle dans la relation aux apprentissages. Alors que la culture du livre est centrée sur la temporalité et la mémoire, celle du numérique favorise une pensée spatialisée. Avec le livre, la mémoire est évènementielle : les apprentissages se font par une pratique répétitive. La culture du livre et des écrans induit une révolution dans notre fonctionnement psychique.

Elles s’opposent dans les mécanismes de définition privilégiée de notre identité et dans notre façon de les utiliser pour nous définir. Quand une identité change c’est après un évènement essentiel dont on expose l’avant et l’après. Dans la culture numérique, les identités sont définies en référence à l’espace social. Enfin, ce passage d’une culture à l’autre révolutionne la sociabilité. La culture du livre favorise une proximité physique, forte, basée sur les liens forts, généalogiques, la culture du numérique privilégie les relations élastiques et activables, ce que l’on appelle les liens faibles. Comme il le confiait dans une longue et passionnante interview pour le site Culture Mobile,  Je crois que la culture numérique est ce qui est en train d’affranchir la culture des écrans de la référence du livre.

Pour autant, s’il les distingue, Serge Tisseron souligne que la culture du livre et celle des écrans sont avant tout complémentaires. A l’inverse, chaque culture apporte également son lot d’avantages. Le livre stimule les habitudes et les automatismes, elle permet de s’approprier sa propre histoire en s’en faisant le narrateur comme l’expliquait Paul Ricoeur en évoquant l’identité narrative. La culture numérique elle, stimule l’interactivité et l’innovation et nous permet de mieux faire face à l’imprévisible. Laisser faire ce qu’il veut à l’enfant qui n’a pas développé sa volonté, c’est trahir le sens de la liberté  disait Maria Montessori.