Un monde de souffrances : Ambivalence de la mondialisation PDF

La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de un monde de souffrances : Ambivalence de la mondialisation PDF tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours.


Nous vivons une époque étrange, où à côté de la diplomatie des puissances, des relations entre États émergent la perception des souffrances du monde, la prise en compte des réalités douloureuses que la communauté internationale ne peut ignorer. Qu’on pense par exemple à la diffusion du virus Ebola ou aux drames des réfugiés autour de l’île de Lampedusa, où l’on voit le pape François et l’Europe se mobiliser. À partir d’une série d’articles réalisés pour le quotidien La Croix, Bertrand Badie propose une réflexion d’ensemble sur ce sujet. Il s’agit d’interroger d’abord notre regard ambigu à la mondialisation, qui est fait à la fois d’ouverture mais aussi de crainte et de repli. Il s’agit ensuite de prendre la mesure de différentes formes de souffrances qui s’imposent aujourd’hui à la conscience internationale, comme la faim, la guerre ou la tentation identitaire. Enfin, évaluer la pertinence des réponses ou des solutions pratiquées…

Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclus de la joie que nous apporte le Seigneur ». Les livres de l’Ancien Testament avaient annoncé la joie du salut, qui serait devenue surabondante dans les temps messianiques. Voyant le jour du Seigneur, Zacharie invite à acclamer le Roi qui arrive, « humble, monté sur un âne » : « Exulte avec force, fille de Sion !

Crie de joie, fille de Jérusalem ! Cependant, l’invitation la plus contagieuse est peut-être celle du prophète Sophonie, qui nous montre Dieu lui-même comme un centre lumineux de fête et de joie qui veut communiquer à son peuple ce cri salvifique. Que de tendresse paternelle s’entrevoit derrière ces paroles ! L’Évangile, où resplendit glorieuse la Croix du Christ, invite avec insistance à la joie.

Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. Cependant, je reconnais que la joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie, parfois très dure. Elle s’adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout. La tentation apparaît fréquemment sous forme d’excuses et de récriminations, comme s’il devrait y avoir d’innombrables conditions pour que la joie soit possible.

Ceci arrive parce que « la société technique a pu multiplier les occasions de plaisir, mais elle a bien du mal à secréter la joie ». Dieu, qui se convertit en heureuse amitié, que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’auto-référence. Nous parvenons à être pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai. Là se trouve la source de l’action évangélisatrice. Le bien tend toujours à se communiquer.