Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance PDF

CONFÉRENCE : MÉMOIRE DE LA SHOAH ET MONTÉE NATIONALISTE EN POLOGNE PAR JEAN-YVES POTELLIEU : Site-mémorial du Camp des Milles. Historien et analyste politique, spécialiste de la Pologne et de l’Europe centrale. DE L’HISTOIRE, DE Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance PDF MÉMOIRE ET DE LA RÉFLEXION.


Spécialiste de l’antisémitisme, Simon Epstein a constitué au fil des ans un socle informatif considérable sur les itinéraires contrastés de deux catégories de Français : ceux qui protestèrent contre le racisme et l’antisémitisme dans les années 1920 et 1930, avant de s’engager dans la Collaboration ; et ceux qui exprimèrent une hostilité ou un préjugé à l’égard des Juifs, puis qui se retrouvèrent, l’heure venue, dans la Résistance. Ce livre ne retrace ni l’histoire de l’antiracisme ni celle de l’antisémitisme ; il est l’histoire du passage de l’un à l’autre. Les principaux chefs de la Collaboration ont traversé, chacun à sa manière, une phase de dénonciation de la haine antijuive ; beaucoup furent même militants de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA). Réciproquement, de nombreux résistants, et non des moindres, sont originaires d’une extrême droite nationaliste qui, dans les années 1930, fut fertile en prises de positions hostiles aux Juifs. C’est ce phénomène paradoxal que Simon Epstein décrit puis analyse, en s’appliquant aussi à démonter l’occultation dont ces chassés-croisés, déroutants certes mais significatifs, ont fait l’objet dans les mémoires françaises.

Un lieu d’éducation à la citoyenneté unique au monde, particulièrement dédié aux jeunes, pour comprendre l’histoire et agir contre les intolérances. Europe entre 1919 et 1939 précède une présentation de l’histoire collective du camp illustrée par des destins individuels pris dans cette tourmente. Des espaces complémentaires permettent d’approfondir l’histoire de Vichy, des camps d’internement et de la Shoah, et de découvrir les œuvres d’art réalisées pendant les deux premières périodes du camp. Plusieurs points majeurs sont proposés comme les lieux où dormaient les internés, où certains se cachaient et ont pu être sauvés, ou encore des dessins et peintures laissés sur les murs par les internés, témoignages fragiles soigneusement mis au jour par des archéologues. Ne rien faire, c’est laisser faire.

Ce volet, unique sur un lieu de mémoire, présente des analyses scientifiques et des expériences qui permettent de mieux comprendre comment des fonctionnements humains peuvent aboutir à des génocides et comment mieux les prévenir ou y résister. Films, archives sonores, dispositifs interactifs accompagnent ainsi ce volet afin que le visiteur puisse identifier les barbaries à leurs commencements. L’EXPOSITION NATIONALE de Serge Klarsfeld sur les « 11 400 enfants juifs déportés de France à Auschwitz »réalisée par l’Association des fils et filles des déportés juifs de France. Il s’agit d’une collection exceptionnelle de documents rares présentée de manière permanente dans les lieux. EXPOSITION« SAUVER LES ENFANTS : 1938-1945 ».

Conçue en 2012 à l’occasion des 100 ans de l’OSE, l’exposition retrace le parcours de dix enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale depuis leurs vies d’avant jusqu’à la cassure de la guerre, la séparation d’avec leurs parents, leur périple de refuge en lieux de cache et enfin, à la Libération, leur retour à une vie normale, à jamais transformée. LA SALLE D’ARTISTE comportant des œuvres réalisées en 1942 et signées de l’artiste Ernst Randerath interné au Camp des Milles. L’ALLÉE DES JUSTES, aménagée sur les parties extérieures du Site-mémorial afin de rendre hommage aux dix-huit hommes et femmes ayant agi en 1942, pour les internés des Milles, au péril de leur vie et qui se sont vu décerner le titre de « Juste parmi les Nations » par l’État d’Israël. L’exemple de ces citoyens courageux qui ont su résister face à l’inacceptable. L’exposition itinérante Cartooning for Peace, Dessins pour la Paix avec le soutien de la MGEN.

L’initiative de cette exposition est née en 2006 au siège des Nations unies à New York où Kofi Annan et Plantu organisent un colloque « Désapprendre l’intolérance ». L’exposition Juifs dans la Résistance de la photographe Amal Buziarsist qui rend hommage à des figures de résistants juifs durant la Seconde Guerre mondiale. C’est en 2013 qu’elle se lance dans la réalisation d’une série de portraits et commence à mener des entretiens. Allant à l’encontre de la doxa selon laquelle les juifs auraient été passifs pendant la Shoah, elle raconte à travers ces visages et ces voix le destin et le combat de ces personnes. Cette cérémonie est fixée chaque année le dimanche suivant le 16 juillet, date anniversaire de la « rafle du Vel’ d’Hiv' » en 1942, dont la plupart des victimes ont été assassinés dès leur arrivée au camp d’Auschwitz. Ce camp d’extermination fut aussi la destination finale d’environ 2 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés un mois plus tard du camp des Milles, alors en zone non occupée, par le régime de Vichy. On parle aujourd’hui du camp des Milles comme d’un « Vel’ d’Hiv’ du Sud ».